14.12.2009
PAC : paroles, paroles, paroles ?
La semaine dernière, 22 ministres de l’agriculture des 27 pays de l’Union Européenne se sont réunis à Paris pour affirmer leur soutien à une PAC forte, protectrice de la diversité alimentaire, garantissant les revenus des agriculteurs et l’environnement. Quel crédit leur donner ?
Le démantèlement de la PAC
A l’origine, la PAC a permis à l’agriculture européenne de devenir auto-suffisante. C’est le Général de Gaulle qui avait imposé la PAC dans les années 60 après d’âpres négociations avec nos partenaires. Les pays européens avaient institué des prix minimums qui garantissaient aux agriculteurs un revenu. Et en cas de surproduction, on rachetait les surplus ou on instituait des quotas de manière à revenir à une situation où le prix naturel de marché n’était pas décalé avec le prix européen.
Mais, petit à petit, depuis plusieurs décennies, nous avons laissé ce formidable pilier de la construction européenne être démantelé, sous la pression conjointe de l’extérieur (OMC, Etats-Unis…) et des ayatollahs européens de la libéralisation qui ne veulent pas entendre parler de mécanismes qui remettent en question le fonctionnement de la « concurrence libre et non faussée ». Résultat, la plupart des marchés agricoles ont été soumis au simple jeu du marché, comme le montre l’évolution erratique des prix.
De belles intentions
Mais cette libéralisation aboutit à des résultats qui ne sont pas acceptables pour les agriculteurs de la majorité des pays de l’Union Européenne. En effet, sur plusieurs types de produit, les prix de vente peuvent tomber sous les prix de revient, cas unique dans l’ensemble des secteurs économiques. Comment ne pas compatir avec une profession agricole qui voit ses revenus s’effondrer, d’autant plus que les prix de vente ne suivent pas souvent la même courbe.
Dans ce contexte là, cet appel est intéressant dans la mesure où il montre que 22 pays sur les 27 semblent vouloir revenir sur la libéralisation anarchique des marchés agricoles et semblent vouloir remettre de l’ordre dans le secteur agricole, de manière à garantir la qualité de l’alimentation de l’Europe, les revenus des agriculteurs et un meilleur environnement. Cette forte majorité indique qu’un vent nouveau souffle sur l’Europe et que la France est loin d’être isolée sur la question.
Malheureusement, il s’agit pour l’instant seulement d’une déclaration de principes qui ne comprend pas de propositions très concrètes. Nous sommes sans doute encore loin d’une véritable remise en question de la politique suivie depuis plusieurs décennies.
10:55 Publié dans Actualités, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : agriculture, pac



