16.12.2009
Grandes annonces pour petit emprunt
Avant-hier, Nicolas Sarkozy a annoncé le détail de ce qui est appelé le « grand emprunt » lors d’un discours suivi d’une conférence de presse. Si le président a comme toujours multiplié les superlatifs, la réalité est moins marquante que ses annonces.
Un petit pas dans une bonne direction
Pour être honnête, il y a des éléments positifs dans les annonces du président de la République. En effet, cet emprunt va permettre à la France d’investir davantage dans la recherche et l’éducation supérieure, ce qui ne sera pas un mal pour l’avenir. En outre, il est vrai que les précédents gouvernements avaient trop souvent oublié d’investir dans les universités alors que Nicolas Sarkozy en a fait une priorité absolue de son mandat, consacrant chaque année 1 milliard d’euro de plus à ce budget.
De plus, cela devrait permettre de préserver ces budgets dans les années à venir, élément important sachant que la réduction des déficits risque de peser sur de nombreux ministères. L’idée de créer un grand campus à Saclay semble également une bonne idée pour renforcer la France dans la compétition mondiale sur le terrain de l’éduction supérieure. Enfin, ces initiatives devraient permettre de renforcer les pôles de compétitivité qui avaient été lancés par Dominique de Villepin.
Beaucoup de communication…
Mais comme le constate très justement un communiqué de presse de Nicolas Dupont-Aignan, même si le principe même est positif, cet emprunt souffre de nombreuses limites. La première, qui illustre cependant sa nécessité, est qu’il va servir à financer des dépenses que l’Etat n’assurait plus véritablement. Nicolas Sarkozy trouve un moyen commode de financer une partie du plan université puisqu’il ne semble pas qu’il s’agisse de dépenses additionnelles à celles promises.
Deuxième limite, il ne s’agit pas d’un « grand » emprunt. Au final, comme le gouvernement va utiliser les fonds remboursés par les banques, il n’empruntera que 22 milliards, à peine plus de 10% de ce que l’Etat va emprunter cette année. Mais surtout, comme le souligne très justement le président de Debout la République, il sera très insuffisant pour nous sortir de la stagnation car il n’agit pas sur les causes de la langueur économique, l’euro cher, l’anarchie commerciale et le coût du travail.
D’ailleurs, ce « grand » emprunt a rapidement quitté la une des média. Il faut dire que les tribulations de la commission Rocard-Juppé et d’Henri Guaino avaient largement défloré un sujet qui manquait de véritables annonces pour intéresser les journalistes et la population.
10:55 Publié dans Actualités, Economie, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : grand emprunt, nicolas sarkozy, michel rocard, alain juppé



