31.05.2010
Rigueur et austérité
Le gouvernement refuse absolument de prononcer le mot « rigueur » pour décrire le gel des dépenses des années à venir. Pourtant, ce terme ne devrait-il pas inspirer la confiance de la part des citoyens ? Rigueur et austérité ne sont pas la même chose.
La nécessaire rigueur dans la gestion des deniers publics
Il y avait quelque chose d’assez hallucinant dans la communication du gouvernement après l’annonce du gel des dépenses. Voir tant de ministres venir défendre leur politique en refusant absolument de prononcer le mot « rigueur » et en répondant aux journalistes qui les titillaient sur le sujet qu’il ne s’agissait pas d’un budget de rigueur puisqu’il n’y avait pas de hausse des impôts marquait une nouvelle étape dans l’autisme de l’équipe au pouvoir après l’épisode peu fameux des régionales.
Pourtant, tous les citoyens devraient espérer que l’argent de l’Etat soit géré avec rigueur. En effet, gérer un budget avec rigueur signifie prêter attention aux dépenses engagées, en veillant à ne pas dépenser plus que de raison, à se poser à chaque fois la question de savoir si les dépenses de l’Etat sont utiles ou non, et, quand on répond par la négative, de ne pas l’engager. Bref, une gestion rigoureuse des deniers publics devrait être considérée comme absolument normale.
L’austérité : un vrai débat
En fait depuis « le tournant de la rigueur » de Pierre Mauroy, on confond la rigueur avec l’austérité. En effet, le gouvernement socialiste de l’époque voulait se démarquer de la politique d’austérité de Raymond Barre et avait donc créé un nouveau vocable (la rigueur) pour caractériser une politique de réduction des déficits. Pourtant, les deux mots n’ont absolument pas le même sens. L’austérité, cela va au-delà de la rigueur, cela indique des coupes qui peuvent aller jusqu’à toucher des dépenses qui ont du sens.
Le gouvernement devrait avoir le courage d’employer le mot « rigueur » qui ne devrait pas être péjoratif. En revanche, un véritable débat devrait avoir lieu sur les politiques d’austérité qui sont actuellement mises en oeuvre en Europe et qui posent le problème de la solvabilité des Etats par l’absence de croissance. Ne sommes-nous pas en train d’emprunter la voie d’Herbert Hoover en privilégiant dès à présent la lutte contre les déficits au soutien à l’emploi ? Est-ce la bonne issue à la crise ?
Il est regrettable que les hommes politiques refusent aujourd’hui d’employer le terme « rigueur », qui ne devrait pas être si péjoratif. En revanche, un vrai débat devrait avoir lieu sur les politiques d’austérité.
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30.05.2010
Quand Renault et PSA délocalisent 50% de leur production Française en 4 ans…
C’est une conséquence directe du niveau de l’euro et de la libéralisation des échanges, notamment avec les pays d’Europe de l’Est. En seulement quatre ans, nos constructeurs automobiles ont tout simplement réduit leur production de voitures en France de 50% !
Des chiffres incroyables
Cette étude de l’INSEE de 2007 dresse le portrait du paysage automobile Français à fin 2006. Les chiffres ne sont guère riants. Alors que les constructeurs Français produisaient entre 3,2 et 3,4 millions de véhicules sur le territoire national de 2000 à 2005, on distingue une cassure brutale en 2006 où la production tombe à 2,8 millions, soit une perte d’un demi-million de véhicules. La production en dehors de France passe de 2,2 à 3,1 millions dans le même temps.
En 2009, la production sur le territoire nationale est tombée à seulement 1,69 millions de véhicules, selon les chiffres même du Comité des Constructeurs Français Automobiles, soit un recul de plus de 20% dans l’année, après un recul quasiment équivalent en 2008. On note que dans la même période, la production automobile des groupes Renault et PSA est restée relativement stable, à savoir autour de 6 millions de véhicules par an produits dans le monde.
La destruction de notre industrie
Il est proprement sidérant qu’une telle information ne soit pas davantage commentée tant elle montre le double langage de nos dirigeants, et notamment Nicolas Sarkozy, qui s’était vanté du maintien de la production en France en contrepartie du plan de soutien au secteur. Dans la réalité, PSA et Renault étaient en train de réaliser le plus grand mouvement de délocalisations de leur histoire. Pire, ce mouvement est encore plus important pour les sous-traitants.
Il faut savoir que deux-tiers de la valeur ajoutée d’une voiture vient en général des sous-traitants. Or, alors qu’il y a cinq ans, deux tiers des composants venaient de France, aujourd’hui, moins de 50% viennent du territoire national. Quand on cumule les deux chiffres, on se rend compte que c’est en fait plus de 60% de la valeur ajoutée du secteur qui est partie hors de l’hexagone en quelques années. Du coup, notre balance commerciale automobile est devenue déficitaire…
Les ravages du libre-échange et de l’euro cher
Il ne faut malheureusement pas en vouloir aux dirigeants de ces entreprises qui opèrent dans un marché très concurrentiel (contrairement aux banques, à la téléphonie ou à la santé), et où les marges sont minces. Ce mouvement de délocalisations est aujourd’hui la seule décision possible pour Renault et PSA afin qu’ils restent indépendants et ne soient pas rachetés… Les dirigeants de ces entreprises ne font que jouer avec les règles du jeu qui leur ont été données par les politiques.
En effet, ce sont les hommes politiques qui sont responsables de la situation. En acceptant une construction monétaire qui a abouti à une monnaie lourdement surévaluée tout en acceptant une liberté totale des échanges, il est naturel que nos constructeurs suivent le vaste mouvement de délocalisations pour ne pas perdre en compétitivité par rapport à leurs rivaux. Seule une remise en cause de l’anarchie commerciale nous permettra de freiner et même de revenir sur ce mouvement de délocalisations.
L’anarchie commerciale, c’est un vaste mouvement de départs de nos usines dans des pays où les salaires sont plus bas ainsi qu’une stagnation des bas salaires, comme le montre bien le cas de notre industrie automobile. Nos emplois ont besoin de protectionnisme
10:55 Publié dans Actualités, Economie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : renault, psa, automobile, délocalisations
29.05.2010
Le 29 mai 2005 cinq ans après : la revanche viendra
Il y a cinq ans tout juste, nous étions près de 55% à choisir de dire « non » au Traité Constitutionnel pourtant soutenu par la majorité du personnel politique et une plus grande majorité encore des médias.
Un refus qui avait du sens
Les partisans les plus bornés du « oui », dont Alain Duhamel et Serge July, ont réécrit l’histoire à leur manière. Cette semaine encore, le premier affirmait dans sa chronique quotidienne que les Français votaient en fonction de qui leur posait la question. A première vue, le raisonnement pourrait sembler tenir puisqu’en 1992, ce sont plutôt les électeurs de droite qui s’étaient opposés au traité de Maastricht, alors qu’en 2005, c’était plutôt les électeurs de gauche.
Pourtant, ce raisonnement est à courte vue. Il vise principalement à discréditer le vote des Français en sous-entendant qu’ils votent comme des veaux. Cela démontre en fait un profond mépris vis-à-vis des citoyens et une forme de doute sournois sur l’idée même de démocratie. Car une telle analyse est profondément injuste. En effet, lors de ces deux votes, 70% de la population s’est déplacée aux urnes, un score supérieur aux élections présidentielles étasuniennes de 2008 !
Mieux, les deux campagnes ont été aussi intenses qu’une campagne présidentielle, dominant outrageusement les informations pendant deux bons mois avant le vote, laissant à chacun le temps de se faire son opinion. Mieux, les listes de best-sellers de l’époque étaient composées pour moitié de livres consacrés au débat en question. Bref, les Français se sont passionnés pour ces débats, se sont renseignés et en ont débattu partout, en famille ou au travail.
D’ailleurs, une autre analyse permet d’expliquer le biais partisan des deux votes. En 1992, la campagne s’est focalisée sur la souveraineté nationale et son éventuel transfert. Il était logique que les électeurs de droite votent davantage « non » que des électeurs de gauche, plus universalistes. En 2005, le débat s’est centré sur le fait que l’Europe se construit sur un modèle libéral qu’elle impose aux nations. Il était donc logique que ce soit les électeurs de gauche qui la rejettent davantage.
La démocratie bâillonnée
Déjà, la réaction d’une partie des battus du 29 mai ne présageait rien de bon. Serge July s’est fendu d’un édito vengeur qui refusait de voir dans ce vote un véritable choix démocratique et rationnel effectué sur une vision de l’Europe sans doute trop différente de la sienne. Les Français auraient eu peur. Ils auraient voté contre Jacques Chirac. Bref, pour les bien-pensants, les Français étaient trop cons pour comprendre l’intérêt d’un traité dont ils étaient pourtant incapables d’expliquer les avantages concrets.
Malheureusement les trois principaux candidats de la présidentielle étaient tous issus du même camp et plaidaient pour un nouveau traité. Nicolas Sarkozy s’est distingué en affirmant que ce qui avait été fait par le peuple pourrait être défait par les parlementaires, trahissant fondamentalement l’esprit de nos institutions à défaut de la lettre (même s’il a eu le courage de prévenir). Mais à l’époque, il promettait un « mini-traité limité aux questions institutionnelles et qui tiendrait compte du « non » des Français ».
En réalité, comme souvent, le président de la République a fait le contraire de ce qu’il avait dit. Alors que le vote du 29 mai 2005 lui permettait de renégocier ce que bon lui semblait, il s’est empressé de ratifier une copie quasiment conforme du Traité Constitutionnel refusé deux ans auparavant. Pour la première fois dans l’histoire de notre République, le résultat d’un vote populaire a été foulé aux pieds par un gouvernement, puis par l’Assemblée car celle-ci a voté pour la ratification du traité de Lisbonne.
Heureusement, quelques résistants (dont Nicolas Dupont-Aignan) ont refusé cette ratification et dénoncé cette mascarade. Et malheureusement, cette crise qui frappe disproportionnellement notre continent, démontre tous les jours davantage que cette construction européenne nous mène dans le mur. L’Europe qui a été construite depuis 25 ans est un boulet attaché aux économies des pays européens, un boulet pour la croissance et l’emploi.
Le 29 mai 2005, nous avons été une majorité à nous exprimer contre cette politique européenne suivie par le PS, l’UMP, le Modem et les Verts. Un jour prochain, cette majorité se retrouvera pour mettre en place un véritable projet alternatif.
10:55 Publié dans Actualités, Dupont-Aignan, Europe, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note | Tags : maastricht, traité de lisbonne, traité constitutionnel européen, nicolas sarkozy, serge july, alain duhamel, nicolas dupont-aignan
28.05.2010
Jacques Attali, socialiste néolibéral
Mercredi soir, Jacques Attali était l’invité du Grand Journal de Canal Plus. Il a affirmé qu’il avait voté à gauche toute sa vie et que c’était sa famille politique. Mais il représente sans doute mieux que personne la dérive néolibérale du Parti Socialiste.
« Un plan de rigueur insuffisant »
L’ancien sherpa de François Mitterrand vient de sortir un livre sur la dette publique, sujet de prédilection de Jean-Michel Apathie. Il se demande si nous sommes ruinés et ne répond pas par la positive tout en disant que pour éviter cela, il faut absolument agir dans les prochains mois et que si les deux années qui viennent ne sont pas utilisées pour radicalement redresser nos finances publiques, alors nous pourrions bien l’être. Pour lui, les annonces du gouvernement sont beaucoup trop timides.
Il appelle à un plan beaucoup plus radical, mais sans rentrer dans le détail des mesures, ce qui est une position beaucoup plus confortable. Pourtant, Jacques Attali sait pondre de nombreuses mesures précises, comme il l’avait fait dans son « plan pour la libération de la croissance de la France », où il proposait des dizaines de mesures de déréglementation, où il proposait entre autre de laisser beaucoup plus de liberté aux institutions financières (nous étions encore avant le gros de la crise…).
Bref, il est absolument hallucinant de constater à quel point certaines figures du « socialisme » font une allégeance absolument totale et sans mesure aux idées néolibérales de déréglementation financière, de démantèlement des barrières douanières et de rigueur budgétaire. Pire, pas une fois il n’a évoqué le sort des millions de Français qui sont au chômage et qui seraient sans doute les premières victimes du plan d’austérité sévère qu’il appelle de ses vœux.
Du respect du secret médical
Plus tard, un médecin est intervenu pour dénoncer le non respect du secret médical concernant Johnny Hallyday. Il a dénoncé l’attitude de Christophe Barbier en soulignant que si l’on suit la logique du patron de l’Express, alors une personne qui obtiendrait son dossier médical serait également en droit de le publier. Mais il est allé plus loin en soulignant que tous ceux qui avaient suivi étaient d’une grande hypocrisie puisque dès qu’un confrère cassait un interdit, ils suivaient sans état d’âme.
Même si Jean-Michel Apathie a commencé timidement par défendre la profession, en affirmant qu’il n’était pas possible de taire cette « information » ce matin, il a fini par se ranger plus ou moins à la thèse selon laquelle les journalistes auraient dû taire cette violation du secret médical et se faisaient complice en relayant sans la moindre hésitation des choses qui devraient rester privées. Jacques Attali, décidemment adepte du laisser-faire, n’y a vu rien à redire.
Certains pourraient croire que Jacques Attali n’est qu’une exception au sein de la famille socialiste. Mais est-ce qu’au contraire sa liberté ne lui permet pas de dire tout haut ce que pensent vraiment la majorité du parti ? Et si les socialistes n’étaient que des néolibéraux vaguement compassionnels ?
10:52 Publié dans Actualités, Parti Socialiste | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : jacques attali, grand journal, canal plus, parti socialiste
27.05.2010
Ces banques qui gagnent toujours à la fin
La crise actuelle a eu un immense mérite : montrer aux citoyens les privilèges incroyables dont bénéficient les banques, qui, pour reprendre la formule de The Economist, guère suspect de marxisme, arrivent à collectiviser leurs pertes tout en privatisant leurs profits. Nouveaux exemples.
Critique du plan de soutien Français
Je vous recommande vivement ce très bon papier de Marianne 2 qui dissèque le rapport de la Cour des Comptes sur le plan de soutien de la France aux banques. Nicolas Dupont-Aignan avait dénoncé les conditions accordées par le gouvernement, et notamment le fait de ne pas prendre de participations, accordant seulement une forme de prêt bonifié. Ce choix privait l’Etat de représentants au conseil d’administration, contrairement aux Etats-Unis et à la Grande Bretagne.
Mais outre le fait de priver l’Etat de tout moyen de pression sur les dirigeants des banques, Marianne raconte bien comment cela a privé l’Etat Français de belles plus-values. En effet, si le gouvernement prenait le risque de ne pas être remboursé, il a renoncé de manière incompréhensible à toute possibilité de gain sur cette aide. Il faut noter que si l’Etat avait pris une participation au capital, alors il aurait pu doubler sa mise, un gain pas inutile par les temps qui courent.
Les conséquences de la crise
Mais ce n’est pas tout. Les dirigeants de la planète « réfléchissent » aux conséquences à donner à la crise financière de l’automne 2008. Après 18 mois de réflexion, l’idée qui s’impose, au FMI comme à la Commission Européenne est une taxe sur les banques qui servirait à alimenter un fond de soutien en cas de nouvelles crises. En clair, rien ne sera fait pour éviter les excès passés, mais de l’argent devrait être mis de côté pour aider les banques à traverser les conséquences de leurs futures folies.
Les banques ne sont pas folles. Elles constatent bien que le crédit des Etats occidentaux est largement dégradé et qu’il ne sera peut-être pas possible de compter sur eux lors de la prochaine crise. Il est donc plus prudent, pour elles, de préparer une autre cagnotte. En outre, il est assez évident qu’elles trouveront le moyen de faire payer par leurs clients ce nouvel impôt en augmentant pour la énième fois les frais bancaires facturés aux entreprises et aux particuliers.
Heureusement, la prise de conscience pourrait créer un contexte politique permettant des réformes beaucoup plus radicales des institutions financières. Reste à savoir si cela aura lieu lors d’une nouvelle grande crise ou à froid, par le choix des peuples.
10:55 Publié dans Actualités, Dupont-Aignan, Economie, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : banques, marianne 2, crise financière, nicolas sarkozy, nicolas dupont-aignan
26.05.2010
Euro : le vrai-faux de Joseph Stiglitz
Je suis en train de lire avec un grand plaisir le dernier livre du prix Nobel d’économie 2001, « Le triomphe de la cupidité ». Son interview de la semaine dernière dans le Monde a fait grand bruit. Mais si je partage son constat sur l’euro, je diverge sur les solutions…
Une zone euro condamnée à l’échec
Joseph Stiglitz a raison sur deux points fondamentaux. Le premier est que « l’austérité mène au désastre ». Une vague de plan d’austérité est en train de s’abattre sur l’Europe : la Commission Européenne a demandé à la Grèce d’aller plus loin dans ses efforts, le FMI demande à l’Espagne des réformes de son marché du travail et l’Italie vient à son tour d’annoncer des mesures d’économie importantes, après les annonces de la Grande-Bretagne, de la France et du Portugal.
Le prix Nobel d’économie dénonce ce « plan coordonné d’austérité ». Il soutient que si l’UE « continue dans cette voie-là, elle court au désastre. Nous savons depuis la Grande Dépression des années 1930 que ce n’est pas ce qu’il faut faire ». En clair, les dirigeants européens sont en train de suivre la politique de Hoover au lieu de celle de Roosevelt. Il dénonce également le fait que « Bruxelles n’a pas été assez loin en matière de régulation des marchés, jugeant que ces derniers étaient omnipotents ».
Il note également les carences de la construction de l’euro en soulignant que « en adoptant la monnaie unique, les pays membres de la zone euro ont renoncé à deux instruments de politique économique : le taux de change et le taux d’intérêt ». Il souligne également que certains pays européens auraient bien besoin d’une dévaluation, à la manière de ce que l’Argentine a fait au début des années 2000, en rompant le lien avec le dollar, ce qui a permis à l’économie de repartir.
Quelle issue pour la zone euro ?
Curieusement, Joseph Stiglitz ne propose pas un retour aux monnaies nationales, même si l’exemple de l’Argentine plaide clairement pour une telle solution. Il semble proposer une plus grande intégration européenne, une forme de fédéralisme. Il y a sans doute un tropisme étasunien dans sa vision qui lui fait voir l’Europe comme un ensemble proche de son pays d’origine. Il est tout de même curieux que les arguments qu’il avance ne l’amène pas à une conclusion différente sur l’euro.
En effet, comme il le souligne très bien avec l’exemple Argentin, certains pays européens (Grèce, Espagne, Portugal, mais aussi Italie), ont besoin de dévaluer leur monnaie pour faire repartir leur croissance. Et il serait totalement illusoire de croire que seule une dépréciation de l’euro sera suffisante puisque deux-tiers de leur commerce se fait au sein de l’Union Européenne et qu’une baisse de la monnaie unique sera insuffisante pour lutter avec les salaires de la Chine.
En outre, il oublie les problèmes fondamentaux de l’euro, à savoir que c’est la monnaie unique qui a poussé l’Allemagne a adopté une politique de désinflation compétitive sauvage (dont le résultat a été une croissance de 0.8% par an depuis 10 ans). C’est aussi l’euro et ses taux inadaptés qui sont responsables des bulles immobilières espagnole et irlandaise. Enfin, l’euro interdit les ajustements monétaires nécessaires au rééquilibrage nécessaire des balances des paiements.
Merci donc à Joseph Stiglitz pour son constat comme toujours pertinent. Sur la solution qu’il semble préconiser, il faut sans doute la prendre avec des pincettes, en tenant compte du léger biais de présentation du Monde, dont on connaît bien les idées sur la question.
10:55 Publié dans Actualités, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note | Tags : euro, joseph stiglitz
25.05.2010
Pourquoi il faut mettre fin à la monnaie unique
Même si les adorateurs de l’euro continuent à bêler que la monnaie unique nous protège (on se demande bien de quoi), les pays de la zone euro deviennent tous les jours plus conscients des dangers de la monnaie unique. Voilà pourquoi il devient urgent de mettre fin à cette hasardeuse expérimentation.
Le mythe de la protection
Pour être honnête, il faut bien reconnaître que la monnaie unique a eu quelques effets bénéfiques. Tout d’abord, elle facilite les échanges (frontaliers, touristiques, commerciaux) au sein de la zone, même si elle n’a pas fondamentalement accéléré un mouvement qui lui préexistait largement. Ensuite, dans un premier temps, la convergence des taux longs a permis aux pays qui souffraient d’une forte prime de risque de réduire considérablement le coût de leur dette.
Mais cette convergence s’est interrompue en 2008 et nous sommes revenus à la situation d’avant l’euro. En outre, il convient de tordre le cou à l’idée reçue que l’euro nous aurait protégés. Un simple examen des chiffres le démontre clairement : la zone euro est entrée en récession dès le 2ème trimestre 2008, soit un trimestre avant les Etats-Unis. En 2009, le PIB étasunien a baissé de 2,5%, contre 4% en Europe et en 2010, la croissance sera de 1% de ce côté ci de l’Atlantique, contre 3% de l’autre.
Et pourtant, la récession venait des Etats-Unis et y a été beaucoup plus dure que chez nous, avec une baisse de 30% de la valeur de l’immobilier qui a durement touché des millions de ménages. La crise aurait du être beaucoup plus dure aux Etats-Unis et c’est à cause de la politique européenne qu’elle a été plus dure sur le vieux continent. Enfin, les derniers mois nous montrent bien que l’euro ne nous protège en aucun cas de la spéculation, qui s’est déplacée sur les taux des dettes souveraines.
La plaie de la surévaluation
En fait, l’euro est un boulet accroché aux économies européennes, qui pénalise la croissance économique des pays membres. La raison est assez simple : hormis à sa naissance et pendant quelques temps (où il est descendu jusqu’à 0,82 dollar), l’euro est une monnaie structurellement surévaluée. Les économistes estiment que son cours normal devrait être de 1 à 1,15 dollars à parité de pouvoir d’achat, soit encore une surévaluation de plus de 10% aujourd’hui (qui a atteint 50% mi-2008 à 1,6 dollar).
Cette surévaluation a une raison simple : la politique monétaire exagérément restrictive de la BCE par rapport à la Fed, qui pousse l’euro à la hausse. En juin 2008, Jean-Claude Trichet avait trouvé le moyen de monter les taux alors que les Etats-Unis les avaient déjà baissés de 3 points ! Cette surévaluation est un énorme handicap commercial. Par exemple, en dix ans, la France est passée d’un excédent vis-à-vis des Etats-Unis à un déficit de 5 milliards.
Et cette surévaluation encourage les délocalisations. Tout d’abord, Airbus, fleuron de notre industrie, a décidé d’augmenter la part de ses composants produits en zone dollar pour se prémunir de la surévaluation de l’euro : une partie du fuselage de l’A350 sera donc produit aux Etats-Unis. Un comble ! Les constructeurs automobiles Français ont suivi le même raisonnement : ils produisaient 3 millions de voitures en France en 2004. Ce chiffre est tombé à un peu plus de 1,5 en 2009…
La plaie de la désinflation compétitive
Il faut dire qu’outre le niveau trop élevé de l’euro, les pays de la zone souffrent de la politique de désinflation compétitive Allemande, conséquence logique de l’unification monétaire. En effet, dans un système de parité complètement fixe, chaque point de hausse de salaire de moins que le voisin est un point de compétitivité coût de mieux qui permet de gagner la bataille commerciale. C’est ce que l’Allemagne a compris depuis le milieu des années 1990 et applique avec toute sa rigueur.
Ce blocage des salaires a permis à notre voisin d’outre-Rhin de grandement gagner en compétitivité et d’accumuler des excédents commerciaux grandissants vis-à-vis de l’ensemble de ses « partenaires » monétaires. Le problème est que cette politique a un effet dépressif important (la croissance Allemande a été la plus faible de la zone dans les années 2000 – 0.8% par an - avec l’Italie), ce qui, vu son poids économique, se transmet à l’ensemble de la zone.
Pire, ce comportement bien peu collectif a toutes les chances de pousser les autres pays à adopter la même politique de rigueur salariale absolue pour ne pas perdre en compétitivité. Mais déjà que cette politique avait un impact extrêmement négatif quand elle était uniquement poursuivie par l’Allemagne, elle pourrait se révéler désastreuse si davantage de pays y cédaient, car cela réduirait encore le potentiel de croissance d’une zone qui n’a déjà pas brillé dans ce domaine depuis 10 ans…
La plaie du « one size fits all »
Mais ce n’est pas tout. L’autre problème majeur de l’euro est d’imposer une même politique monétaire à un ensemble de pays aux réalités trop disparates. Autant les taux sont généralement trop élevés pour des pays comme la France et l’Allemagne, autant ils ont longtemps été trop faibles pour des pays à croissance et inflation plus fortes. 4% était beaucoup trop peu pour une Irlande dont la croissance nominale du PIB flirtait avec les 8% ou même pour l’Espagne ou la Grèce.
En effet, si on prend le cas de l’Espagne, pays qui avait un excédent budgétaire au milieu des années 2000, c’est bien l’euro qui a provoqué la bulle immobilière et le krach qui a suivi. En effet, les taux courts, à 4% alors que la croissance nominale de l’économie (croissance + inflation) dépassait les 6%, étaient trop bas, poussant tout le monde à investir. Si le pays avait pu mener une politique monétaire indépendante, nul doute que sa banque centrale aurait monté les taux et éviter la bulle.
Mais ce n’est pas tout, il y a des pays avec des excédents commerciaux et d’autres avec des déficits, nécessitant des politiques monétaires complètement différentes. Les premiers ont besoin que leur monnaie s’apprécie alors que les seconds ont besoin que leur monnaie se déprécie pour que les situations se rééquilibrent. En imposant une même politique à des pays différents, l’euro aggrave les problèmes au lieu de les résoudre. L’euro empêche les ajustements de la balance commerciale.
Une Zone Monétaire Non Optimale
En fait, les défauts de l’euro sont insurmontables car la zone euro n’est absolument pas une Zone Monétaire Optimale, comme le définissent les économistes, à savoir une zone géographique apte à partager une même monnaie. Aucun des trois critères nécessaires n’est rempli, à savoir la convergence macro-économique, la mobilité des travailleurs et l’existence d’un budget central. L’euro n’était qu’une aventure politique destinée à contraindre les Etats à construire l’Europe sur un modèle fédéral.
Même une avancée fédéraliste (totalement impossible quand on constate l’état de l’opinion Allemande qui propose aujourd’hui à la Grèce de vendre certaines de ses îles) ne serait pas une solution car les deux premiers critères ne seraient toujours pas vérifiés, ce qui laisserait trop de mécanismes pervers en œuvre, notamment la prime à une désinflation compétitive maladive. En outre, l’Europe n’est absolument pas un espace adapté à une construction de type fédéral.
Le problème fondamental de la zone euro est que les pays qui y participent sont des pays trop dissemblables pour partager une même monnaie. Certains veulent utiliser cela pour pousser leur agenda fédéraliste. Mais même une intégration très rapide et forte serait insuffisante tant les pays sont différents et nécessitent, par-delà des transferts d’argent, des politiques monétaires radicalement différentes pour s’adapter à leurs réalités nationales.
L’alternative de la monnaie commune
Mais alors, que fait-on après la monnaie unique ? Il y a une solution qui permettrait de conserver l’euro tout en en corrigeant les faiblesses : en faire la monnaie commune de l’Europe, en réintroduisant des monnaies nationales qui permettront à chacun de mener des politiques adaptées aux différentes réalités nationales. Par exemple, un tel mécanisme aurait permis aux banques centrales Espagnole et Irlandaise de monter leurs taux pour éviter la formation d’une bulle immobilière dans les années 2000.
En outre, une telle construction (basée sur un Système Monétaire Européen permettant des dévaluations et des réévaluations) rendrait caduque les politiques excessives de désinflation compétitive, ce qui pousserait l’Allemagne à adopter une politique plus tournée vers la croissance que vers le contrôle des salaires. Mieux, un tel euro, qui deviendrait une monnaie d’échange, pourrait déborder du cadre de l’Union Européenne pour devenir un véritable rival du dollar, ce qu’il n’a pas fait aujourd’hui.
Certains agitent bien démagogiquement le spectre de taux d’intérêt à 10% en France, mais cela est malhonnête. Malgré le déficit le plus élevé du G7, la Grande-Bretagne arrive toujours à se financer à des taux raisonnables. D’autres avancent que la dette deviendrait ingérable en cas de dévaluation. Pas faux, sauf si les gouvernements imposent une conversion en monnaie nationale avant la dévaluation : de toutes les façons, mieux vaut cela qu’un défaut généralisé.
Surévaluation, compression de plus en plus forte des salaires et de la croissance, divergences économiques entre pays membres, encouragement des bulles, impossibilité d’ajuster les déséquilibres commerciaux : la monnaie unique est une catastrophe économique dont il faut sortir, vite !
10:55 Publié dans Actualités, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : euro, bce, monnaie unique, monnaie commune, zone monétaire optimale, surévaluation, désinflation compétitive
24.05.2010
Frédéric Lordon nous conte l’apocalypse financière
J’en avais déjà parlé il y a un mois, mais Frédéric Lordon vient de brillamment remettre le sujet sur le devant dans un nouveau papier toujours aussi enlevé. Il montre comment les marchés financiers et les gouvernements européens sont en train de commettre un suicide économique.
Un château de carte de plus en plus bancal
Pourquoi les médias ne s’intéressent pas plus à Frédéric Lordon ? Outre une analyse pointue et des propositions concrètes, il ajoute un style digne d’un scénariste plein d’humour qui donne un piquant formidable à ses interventions, ce qui rend sans doute l’économie accessible à tous. Sa nouvelle livrée est proprement excellente. Il y décrit l’équation impossible que les dirigeants européens cherchent à résoudre, aveuglés qu’ils sont par les dogmes néolibéraux.
Peu d’hommes politiques l’ont souligné (à l’exception notable de Nicolas Dupont-Aignan), mais le plan de stabilisation grec est totalement intenable. En effet, même les hypothèses les plus optimistes envisagent une dette publique de 150% du PIB en 2013. Les plans européens ne reviennent qu’à déplacer les problèmes dans le temps, tout en les rendant plus graves encore. Qui peut croire que les marchés seront plus indulgents vis-à-vis de la Grèce dans trois ans ?
Le problème de la Grèce est que le pays aurait au moins besoin d’une dévaluation pour pouvoir s’en sortir (et probablement d’une renégociation de sa dette), solutions aujourd’hui écartées. Pire, la situation s’étend à l’ensemble de l’Europe, où ne subsistera plus un foyer de croissance de la demande. Car comment la zone euro peut espérer la moindre croissance avec la mise en place de plans de rigueur partout simultanément ? Les gouvernements suivent le contre-exemple du président Hoover.
L’apocalypse à venir
Il faut absolument retenir la description de la séquence qui mène à l’explosion du système tant elle semble probable, la seule question étant de savoir si cela aura lieu dans 6 mois ou dans 5 ans. Il est clair que le monde financier et les gouvernements actuels vont dans le mur. Comme le souligne Joseph Stiglitz, la sévérité des plans d’austérité va entraîner une stagnation économique qui minorera la baisse des déficits et va entraîner une explosion du rapport dette / PIB.
Jusqu’au jour (et les turbulences actuelles indiquent qu’il est peut-être proche) où les marchés jugeront la situation intenable, et que les politiques actuelles interdisent toute sortie de crise. Alors, dans un mouvement suicidaire, les taux se tendront, acculant les Etats européens au défaut, ce qui entrainera l’ensemble des banques dans le sillage, dans une crise qui sera la réplique puissance dix de celle de l’automne 2008, la seule solution viable étant la saisie des banques par les Etats.
Frédéric Lordon souligne malicieusement que les institutions financières pourraient se préserver de l’apocalypse à venir en acceptant une taxe sur les transactions financières qui pourrait grandement améliorer la situation financière des Etats. Il cite une étude affirmant qu’une taxe de 0.1% pourrait rapporter la bagatelle de 920 milliards de dollars à l’échelle de la planète. Mais non, il pense que leur autisme va les mener à l’autodestruction.
La bombe des dettes souveraines est aujourd’hui amorcée. Elle devrait être le déclencheur de la prochaine crise, sans doute plus rapidement que je l’imaginais. Reste à savoir si nous aurons les bonnes personnes pour prendre les bonnes décisions à ce moment.
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23.05.2010
Réforme de la finance : Nicolas Sarkozy se moque du monde !
Nicolas Sarkozy répète à tout bout de champ qu’il faut moraliser le capitalisme et les marchés financiers, qu’il faut davantage de régulation. Mais comme d’habitude, il s’agit d’une posture, ainsi que le montre les échanges acides de la semaine entre Paris et Berlin.
Angela Merkel accélère
Autant la chancelière Allemande semble complètement fermée à toute remise en cause du libre-échange ou de la stratégie mortifère de désinflation compétitive de son pays, autant elle semble beaucoup plus ouverte aux idées de réforme de la finance, comme le montre son intervention de mercredi. Elle a pris parti pour une taxation de toutes les transactions financières, une taxe Tobin, ou une taxe sur les profits et les rémunérations, qui ressemble davantage aux propositions du FMI.
En outre, le gouvernement Allemand a choisi d’interdire les ventes à découvert sur les actions des banques et les dettes souveraines. Mais là, Paris a choisi de ne pas suivre comme l’a indiqué Christine Lagarde sur RTL. Ce mécanisme, qui avait été interdit au plus fort de la crise financière de l’automne 2008 sur de nombreuses places financières pour limiter la spéculation, permet aux investisseurs de vendre une action avant de l’avoir acheté pour parier sur sa baisse, souvent avec une couverture minime.
Pour une fois, les idées venant de Berlin sonnent justes. Alain Duhamel ne s’est pas privé d’ironiser sur le fait que les opérateurs financiers pourront toujours continuer à vendre à découvert à Londres. C’est malheureusement la carence de cette proposition dans un monde où les mouvements de capitaux sont libres. Mais cela signifie aussi que si la France rejoignait l’Allemagne et mettaient en place un contrôle des changes, alors il serait possible de le faire à l’échelle de la zone euro…
Nicolas Sarkozy et Christine Lagarde freinent
Quelle surprise donc d’entendre, par la voix de Christine Lagarde, que la France ne souhaite pas suivre l’Allemagne sur ce sujet. Le président de la République parcourt la planète en stigmatisant les agissements des spéculateurs et des banques. Il passe son temps à dire qu’il faut davantage de régulation, affirme que plus rien ne sera jamais comme avant et que c’est la vision Française d’une plus grande réglementation qui doit s’imposer au monde.
Mais quand notre principal partenaire fait des propositions et avance concrètement sur le sujet, alors il n’y a plus personne. Le gouvernement va jusqu’à reprendre les arguments des défenseurs du système en parlant du risque de manque de liquidité qu’une telle mesure pourrait provoquer. Bref, comme d’habitude, Nicolas Sarkozy nous sert de belles paroles totalement en contradictions avec les décisions du gouvernement, alors qu’il avait une occasion unique de faire avancer la réforme de la finance.
C’est une excellente nouvelle de constater que l’Allemagne semble prête à vraiment avancer sur ce sujet. Il faut dire que notre voisin d’outre-Rhin n’est pas très porté sur la spéculation, lui qui privilégie le capitalisme des petites et moyennes entreprises, souvent familiales. Nous sommes donc en train de passer à côté d’une occasion unique de faire de l’Europe le pionnier de la réforme financière car la zone euro est une zone financière auto-suffisante qui peut imposer ses règles.
Il est extrêmement réjouissant de voir Berlin avancer des idées alternatives pour réformer la finance. Malheureusement, la duplicité de Nicolas Sarkozy freine toute avancée. Au moins, ses nouvelles contradictions auront été révélées…
10:55 Publié dans Actualités, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : angela merkel, nicolas sarkozy, christine lagarde, ventes à découvert, taxe tobin
22.05.2010
Hervé Mariton, député dans sa bulle
Il est toujours frappant de constater à quel point les gens qui gagnent beaucoup d’argent sous-estiment radicalement à quel point ils sont hauts dans la hiérarchie des salaires. Nouvel exemple avec le député Hervé Mariton, justement épinglé par le Monde.
Hervé Mariton, cadre moyen ?
Tout est parti d’une déclaration qui pourrait sembler innocente : « je gagne 5000 euros par mois. Je ne me considère pas comme riche ; c’est le revenu d’un cadre moyen ». Après enquête, Le Monde révèle qu’un député gagne 5261 euros nets par mois, ce qui revient à un peu moins de 7000 euros bruts par mois. En outre, il touche 1400 euros par mois comme maire de Crest dans la Drôme, soit un revenu mensuel net global de 6700 euros, l’équivalent de 8500 euros bruts par mois.
En outre, Le Monde a beau jeu de souligner qu’il dispose de près de 6000 euros mensuels d’indemnités de frais de mandat. Ensuite, le journaliste souligne que le salaire médian des cadres est de 2800 euros par mois, soit à peine la moitié de ce que gagne Hervé Mariton. Ce dernier réplique qu’il se comparait à un cadre moyen de 50 ans vivant en région parisienne (qui gagne 4000 euros par mois) pour essayer de s’en sortir mais il aurait sans doute été plus malin de reconnaître son erreur.
Un député est un cadre supérieur
En excluant ses indemnités de frais de mandat, Hervé Mariton a un salaire brut annuel qui dépasse 100 000 euros par an. Il rentre donc dans le 1% des plus hauts salaires, à mille lieues d’une situation de cadre moyen. Il touche donc un salaire de cadre supérieur, ce qui est parfaitement logique vues les responsabilités qu’ont les députés. Si l’on compare aux salaires du privé, cela est bien moindre que les salaires des membres des comités de direction des grandes entreprises.
En revanche, il est totalement malheureux qu’un député de la République imagine gagner ce que gagne un cadre moyen, car cela signifie qu’il a une vision complètement déformée de la réalité. A-t-il conscience que 50% de Français gagnent moins de 18 170 euros par an ? Il est regrettable d’en arriver à une telle coupure avec la réalité de la vie matérielle de ses concitoyens, surtout pour des personnes toujours promptes à prôner une plus grande rigueur et une plus grande libéralisation.
Il est parfaitement normal qu’un député gagne un tel salaire étant données les responsabilités qui sont les siennes, mais il serait bon qu’il sache un peu mieux ce avec quoi les Français vivent.
10:55 Publié dans Actualités, Société | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : hervé mariton, cadre moyen, cadre supérieur, salaire, député



