30.11.2010
C’est parti pour 18 mois de campagne présidentielle
Bien sûr, tous les protagonistes ne sont pas encore connus et il y a même des incertitudes sur les principaux prétendants. Mais tout s’est accéléré avec le remaniement qui a transformé le gouvernement en équipe de campagne et l’accélération de la campagne des primaires au PS.
Un président très impopulaire
Nicolas Sarkozy ne va pas aborder ces élections en bonne position. Même si rien n’est joué et qu’il peut encore être réélu, je ne crois pas que ce scénario soit très probable. L’entrée dans la campagne sera terrible pour lui car elle sera l’occasion de faire un bilan, qui sera extrêmement mauvais. Les médias pourront mettre bout à bout tous ses reniements, ses contradictions, ses fanfaronnades. Bref, le résumé de sa présidence a toutes les chances d’être un passif trop lourd.
D’ailleurs, c’est ce que dessine en creux un sondage réalisé pour le Nouvel Observateur. Le président sortant n’obtiendrait plus que 24 à 26% des suffrages au premier tour. Pire, il est donné très largement perdant au second tour, par le score incroyable de 62/38 face à Dominique Strauss-Kahn, et encore 55/45 face à Martine Aubry et François Hollande et même 52/48 dans une nouvelle édition du second tour de 2007 face à Ségolène Royal. Bref, le rejet du président sortant est fort.
Pas d’envie des socialistes
Mais si les scores de second tour des leaders socialistes sont très forts, leur niveau l’est moins au premier. Si Dominique Strauss-Kahn réalise 27% et Martine Aubry 23%, François Hollande et Ségolène Royal atteignent à peine 16,5 et 17%, soit à peine quelques points de plus que Marine Le Pen. Bien sûr, il faut considérer que les chiffres d’un sondage réalisé 18 mois avant l’échéance sont à prendre avec précaution, d’autant plus que certaines candidatures (Borloo, Villepin) restent aléatoires.
Mais au global, on sent plus une volonté de tourner la page Sarkozy qu’une véritable adhésion à l’égard des socialistes. Le score de François Hollande est à ce titre particulièrement éclairant pour sa faiblesse au premier tour. Dans ce sondage, les Français disent qu’ils n’ont pas envie de lui mais qu’ils ont encore moins envie de rempiler avec Nicolas Sarkozy. C’est pour cela que les candidats alternatifs devraient créer la surprise en 2012. A ce titre, il est regrettable que NDA n’ait pas été testé.
L’annonce de la candidature de Ségolène Royal accélère encore le calendrier. Mais il est probable qu’une campagne aussi longue pour des partis aussi usés que le PS et l’UMP laisse une belle place en 2012 aux candidats qui auront montré qu’ils ont des idées et pas seulement un ego.
10:55 Publié dans Actualités, Parti Socialiste, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : présidentielles, 2012, nicolas sarkozy, dominique strauss-kahn, nouvel observateur, ségolène royal
29.11.2010
Le PS s’attaque aux conséquences de la crise, pas aux causes
En quelques temps, le Parti Socialiste a publié trois textes qui en disent assez long sur son programme, une tribune d’un député européen sur le « juste-échange », un texte d’un autre député sur la monnaie et le texte de Benoît Hamon sur l’égalité réelle, adopté par le Conseil National.
Des moyens pour tous !
Le texte sur l’égalité réelle, qui a fait tant polémique est doublement intéressant. Il présente une véritable logique dans la droite ligne du « care » mort-né de Martine Aubry. S’il y a bien sûr des mesures intéressantes (fusion CSG / Impôt sur le revenu, interdiction du crédit revolving…), ce premier jet du programme du parti socialiste comporte également d’innombrables nouvelles dépenses (allocation étudiant, nouvelles places de crèche, allongement de la durée de la scolarisation…)
En clair, le Parti Socialiste prend soin de tous. Pour les jeunes, il promet une allocation étudiant, 80% de bacheliers, 50% d’étudiants dans le supérieur. Pour les salariés, il promet une augmentation des salaires, des logements meilleurs marchés. On ne compte plus les aides nouvelles proposées dans ce projet. Naturellement, les méchantes entreprises seront pénalisées par des taxes supplémentaires si elles distribuent trop de dividendes ou ont trop de contrats précaires.
L’oubli de la mondialisation
Ce texte révèle tout de même une incompréhension incroyable des mécanismes économiques (peut-on y voir les conséquences du départ de Jacques Généreux ?). Bien sûr, le PS propose des sanctions contre les méchantes entreprises et les méchants banquiers. Mais les socialistes ne remettent absolument pas en cause cette globalisation néolibérale qui appauvrit les classes populaires et entretient un chômage de masse, comme le soulignent de nombreux économistes.
Le rôle du libre-échange, de la libre-circulation des mouvements de capitaux, de la déréglementation financière sont largement ignorés. Le PS ne propose pas de changer les règles du jeu mais d’essayer de compenser les effets pervers de la globalisation en distribuant un argent que l’Etat n’a plus et dont la globalisation le prive. Et pour dénoncer certaines dérives, il propose des sanctions qui sont soit indolores, soit qui auront des effets pervers (augmentation des charges).
Une aile gauche hors sujet
De manière assez intéressante, l’aile droite du parti a mal accueilli ces propositions. On peut y voir du réalisme politique ou une forme de mutation terminale du socialisme en un parti centriste conservateur et gestionnaire qui n’aurait plus la moindre envie de changer quoique ce soit. Car finalement, que propose cette aile droite ? Elle camoufle une incapacité à proposer une alternative économique en une capacité de gestion dont on voit aujourd’hui qu’elle est bien illusoire.
Mais ce qui montre l’épuisement total du PS, c’est bien le manque de radicalité de son aile gauche sur les questions économiques malgré la crise que nous traversons. Le « juste-échange » est uniquement une posture. En cela, le texte du discours de candidature d’Arnaud Montebourg résume parfaitement la situation. Ce n’est pas pour changer la vie des Français qu’il souhaite se présenter, mais bien pour satisfaire un ego dont la boursouflure éclabousse tout son texte.
Oui, la France a beaucoup de problèmes. Le Parti Socialiste en est un en ce qu’il est le principal parti d’opposition mais qu’il ne propose en aucun cas une alternative. Et comme même son aile gauche ne le fait pas, les Français ont tout intérêt à aller voir ailleurs pour changer leur vie.
10:55 Publié dans Actualités, Parti Socialiste | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, arnaud montebourg, juste échange, égalité réelle
28.11.2010
Le défaut sur les dettes souveraines est-il une option ?
Notre continent semble aujourd’hui dans une impasse économique majeure, son modèle de développement économique cassé par une déréglementation incontrôlée et ses finances publiques laminées par la crise économique. Et si le défaut était une option pas si déraisonnable ?
Le cas Argentin
En effet, le débat commence à apparaître depuis que l’Allemagne a poussé cette idée comme une alternative au plan de soutien. Car un pays ne fait pas faillite. Un pays ne peut pas être liquidé. Un pays qui n’honore plus ses engagements financiers fait « seulement » défaut et le problème passe sur ses créanciers. Bien sûr, un tel scénario représente un extrême qu’il vaut mieux éviter tant les conséquences sur le système financier peuvent être importantes.
Néanmoins, il y a défaut et défaut. Il y a l’option Argentine, où le pays cesse purement et simplement d’honorer ses engagements puis, dans un second temps, négocie avec ses créanciers une décote sur sa dette. Cette solution n’a plutôt pas mal réussi au pays, qui s’est fortement redressé grâce au défaut et à la dévaluation très forte de sa monnaie. On peut d’ailleurs voir des similitudes entre la situation Argentine et celle de la Grèce et de l’Irlande aujourd’hui.
En effet, l’Argentine s’était enfermée volontairement dans une forme d’union monétaire avec les Etats-Unis en liant sa monnaie au dollar. Mais l’augmentation plus rapide de ses coûts avait détérioré sa compétitivité, sans possibilité d’ajustement autre qu’une dévaluation interne par une baisse des prix et des salaires. Après avoir tenté l’option déflationniste, l’Argentine a choisi le défaut et la dévaluation. Aujourd’hui, après plusieurs années, il semble que c’était un bon choix.
Et si le défaut était justifié ?
En outre, on peut se poser la question de la légitimité des différentiels de taux sur les dettes souveraines. Aujourd’hui, les investisseurs réclament des taux d’intérêts beaucoup plus élevés pour détenir les dettes des « PIIGS » mais voudraient qu’on leur garantisse le remboursement des créances. A nouveau, ils veulent le beurre et l’argent du beurre. Ils ne peuvent quand même pas avoir une rémunération beaucoup plus importante que celle des Bund tout en ayant la même sécurité.
C’est pourquoi il ne semble pas injuste que l’écart de rémunération implique une possibilité pour les Etats de restructurer leur dette. En simplifiant, soit un Etat qui emprunte 100 à 2.5% sur dix ans (l’Allemagne). Cet Etat va verser 125 au bout du compte. Un Etat qui emprunte à 9% (l’Irlande), versera 190, celui qui emprunte à 11% (la Grèce) versera 210. Ainsi, on pourrait déduire (de manière extrêmement approximative), qu’il y a une décote induite de 34% pour l’Irlande et de 40% pour la Grèce.
Du coup, pourquoi ne pas autoriser les Etats à restructurer à la hauteur de la décote induite par les marchés eux-mêmes ? Ce serait utiliser les marchés contre eux-mêmes. Plus les taux monteraient, plus les Etats pourraient restructurer de manière plus importante leur dette. En outre, il faut voir qu’une fois restructurée, les dettes souveraines deviendraient beaucoup plus soutenables, ce qui contribuerait à la stabilisation du système financier.
Si on extrapole les décotes des taux actuels, les pertes devraient pourvoir être absorbées par les banques. Certes, la méthode n’est pas scientifique, mais l’Espagne n’aurait pas besoin d’une grosse décote pour retrouver une situation plus viable car elle reste le pays le moins endetté d’Europe. Du coup, le gros des pertes serait sur des petits pays. Au pire, si des banques venaient à être mises en difficulté, ce pourrait être l’occasion pour les Etats de prendre leur contrôle, comme le soutient Frédéric Lordon.
La question du défaut ou de la restructuration des dettes souveraines doit être posée, calmement, sans tabou. Il n’est pas normal que la finance obtienne une rémunération supérieure sans en assumer le risque. Il s’agit peut-être d’une solution pas si déraisonnable à la crise actuelle.
10:55 Publié dans Actualités, Economie | Lien permanent | Commentaires (48) | Envoyer cette note | Tags : défaut, faillite, dettes souveraines, irlande, grèce
27.11.2010
Quel plan B économique pour l’Europe ?
Cette semaine, la crise économique européenne a pris une nouvelle tournure avec l’annonce d’un énième plan de rigueur encore plus brutal en Irlande ainsi qu’au Portugal. De plus, Lisbonne devrait également demander l’aide du fond de soutien de l’Union pour refinancer sa dette.
Le cercle vicieux actuel
Ce qui est assez incroyable, c’est que les dirigeants européens ne semblent même pas se rendre compte de l’impasse dans laquelle ils s’enferment. D’ailleurs, c’est bien le signal que leur envoient les marchés en faisant exploser la prime de risque de la plupart des dettes souveraines. Déjà que la croissance de la zone euro n’était pas bien vaillante, l’addition de plans d’austérité sauvages ne va pas améliorer la situation, contrairement à ce que soutient la BCE.
En effet, comme l’a montré le FMI, l’austérité freine la croissance, et donc, par ricochet, les rentrées fiscales, limitant l’amélioration des comptes publics, ce qui, du coup, entraine de nouveaux plans de rigueur. L’Irlande le démontre parfaitement puisque les deux plans de rigueur précédents sont à peine parvenus à réduire le déficit de 14 à 12% du PIB et que la Grèce souffre d’une baisse de ses recettes fiscales qui menace l’atteinte des objectifs du FMI, ouvrant la porte à un nouveau plan...
En outre, nous assistons également à un classique cercle vicieux auto-réalisateur au niveau des marchés financiers. La hausse des taux déséquilibre plus encore les comptes publics en augmentant le montant des intérêts versés au marché, ce qui pousse à plus de rigueur, et donc moins de croissance, et ainsi une moindre capacité des Etats à rembourser. Du coup, la peur des marchés s’auto-entretient et semble nous mener tout droit à une panique qui pourrait se rapprocher de celle de 2008…
Quelles solutions pour en sortir ?
Je ne vais pas prétendre ici donner les solutions absolues pour sortir de la crise actuelle. Je souhaite davantage lancer un débat sur les solutions à adopter. Ma première réflexion, très keynésienne, est de constater qu’à ce moment précis les plans de rigueur semblent plutôt contribuer à accentuer la crise qu’à la résoudre. L’austérité réduit la croissance et le PIB, accroissant le poids de la dette et rendant plus compliqué son remboursement par les Etats. C’est ce qui se passe en Grèce ou en Irlande.
Clairement, la solution passe par une redynamisation de la croissance du continent qui réduira les déficits et allègera le poids de la dette. On pourrait même envisager une légère accélération de l’inflation (passer d’un objectif de 2 à 3/4% par an par exemple) pour alléger le fardeau de la dette sans dérapage inflationniste. Enfin, la solution d’une monétisation partielle de la dette (comme aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et au Japon) semble une évidence dans une période où la masse monétaire se contracte.
En effet, en rachetant les dettes publiques comme le font la Fed et les banques centrales Britanniques et Japonaises, les pays de la zone euro pourraient maintenir les taux longs à un faible niveau et faciliter la transition financière. En outre, on pourrait imaginer un grand plan (coordonné ou pas) d’investissements publics dans des infrastructures pour relancer la croissance. Dans les circonstances actuelles, seul un financement par les banques centrales semble crédible.
Si l’Europe semble avoir retenu les leçons de Keynes sur les banques, on peut se demander s’ils ne les ont pas oubliées concernant la croissance et les emplois. La rigueur qui s’empare du continent, outre le fait de casser une croissance peu vaillante, pourrait même être contreproductive pour les finances publiques.
Demain, j’étudierai l’option du défaut souverain
10:55 Publié dans Actualités, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : irlande, portugal, monétisation, plan de rigueur, plan d'austérité
26.11.2010
De l’indécence européenne
Nous avons sans doute atteint une forme de moment de vérité. La crise économique actuelle révèle tous les travers de cette construction européenne dans sa bulle dorée, qui casse l’économie réelle, appauvrit les peuples qui la composent et ne sert que ses intérêts et ceux des puissants.
Deux poids, deux mesures
Il y a quelque chose de kafkaïen à apprendre que la Cour de Justice européenne vient de donner raison aux fonctionnaires européens pour imposer une augmentation de leur traitement de 3.7% l’an prochain. Parallèlement, la Commission Européenne se bat avec les Etats pour obtenir une augmentation de son budget de près de 6% alors que les Etats membres veulent la plafonner à 2.9%. Si c’est la crise pour les Etats qui doivent tailler dans leur budget, ça ne l’est pas pour cette Europe !
Quelle indécence révoltante de constater que les mêmes fonctionnaires (déjà très bien payés) qui imposent aux Etats un cocktail amer de baisses de salaires et de hausses d’impôts peuvent employer de tels moyens pour augmenter encore leur traitement alors que tout le continent se sert la ceinture. En signe de solidarité, ils devraient avoir la décence de faire un geste de solidarité vis-à-vis de tous ces peuples qu’ils font souffrir. Mais non, les efforts ne valent que pour les autres et surtout pas pour eux.
Une Europe coupée des réalités
Il est proprement hallucinant que les oligarques européens ne saisissent pas l’indécence d’un tel comportement. Comment ne comprennent-ils pas qu’ils sont en train de couper la branche sur laquelle ils sont assis ? Car il est évident que les peuples vont finir par se révolter contre une construction européenne aussi cynique. Cette Union Européenne est en train de tuer l’idée même d’Europe en exigeant des autres des efforts qu’elle refuse de faire de son côté.
En tout cas, cela nous donne une belle leçon sur les dangers d’une construction supranationale. Non seulement, elle est inefficace économiquement car une seule politique ne peut pas convenir à des réalités différentes, mais en outre, elle entraîne une coupure de la réalité gigantesque de ses élites. Aucun dirigeant national n’aurait l’indécence de faire de telles demandes aujourd’hui. Bref, il faut définitivement se méfier de ces constructions de l’esprit trop déconnectées de la réalité.
Comment des peuples qui subissent baisses des salaires et des prestations sociales parallèlement à des hausses d’impôts pourraient longtemps supporter le cynisme d’une Europe qui demande plus d’argent et protège les multinationales ? Rendez-vous en janvier en Irlande pour une première réponse.
10:55 Publié dans Actualités, Europe | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : europe, commission européenne, plan de rigueur, plan d'austérité, cour de justice européenne
25.11.2010
L’horreur irlandaise
Dans quelques décennies, des économistes se pencheront sans doute avec horreur sur le cas de l’Irlande, ce petit pays passé du statut d’exemple des politiques néolibérales à celui de membre des PIIGS, contraint d’enchaîner des politiques d’austérité absurdes de plus en plus violentes.
L’exemple devenu paria
Il y a à peine quelques années, l’Irlande était montrée comme un exemple à toute l’Europe, avec ses taux de croissance dignes des pays asiatiques, et son PIB / habitant qui était devenu un des plus hauts du monde. Il faut dire que le pays avait suivi le manuel néolibéral à la lettre, en pratiquant le dumping fiscal (12.5% d’impôt sur les sociétés contre plus de 30% en France) et en suivant le mouvement global de libéralisation des marchés financiers. Mais cette belle croissance était un mirage…
En effet, elle reposait aussi sur le passage à l’euro. L’Irlande a « bénéficié » pendant des années d’une politique monétaire totalement inadaptée à sa situation. Le niveau trop bas des taux d’intérêt, conséquence de la monnaie unique, a provoqué un excès d’investissements qui s’est transformé en une gigantesque bulle qui a éclaté en 2008. Si l’Irlande avait conservé sa monnaie, elle aurait sans doute eu des taux plus élevés, moins de croissance avant 2008 mais elle aurait évité la crise actuelle.
Une crise particulièrement grave
La conjugaison d’une imposition faible (qui a poussé beaucoup de banques à s’y établir), avec des taux d’intérêts faibles (imposés par l’euro) était un cocktail explosif qui a abouti à une bulle financière monumentale, soldée par une crise extrêmement violente (le PIB a reculé de 10% de 2007 à 2009). Le pays court le risque d’une déflation comparable à la Grande Dépression des années 30 : la crise a créé des déficits, mais l’austérité budgétaire entretient la crise, et donc les déficits...
Résultat, le chômage s’envole (plus de 13% contre 4% il y a quelques années). Le déficit a atteint 14% en 2009 et dépassera les 30% cette année du fait d’une aide exceptionnelle pour les banques. La dette, encore limitée par rapport aux autres pays européens l’an passé (64% du PIB), va approcher le niveau du PIB dès la fin de l’année. C’est ce qui a mené à la crise financière des dernières semaines, à l’annonce du « plan de soutien » international et d’un nouveau plan d’austérité.
Des saignées successives
Les plans de rigueur successifs agissent comme les saignées pratiquées au Moyen-Age sur les malades. Elles affaiblissent le malade sans le guérir le moins du monde. Le nouveau plan démontre toute la perversité du modèle irlandais puisque la population subit une double peine : baisse des revenus (le SMIC va baisser de 11%, les prestations sociales sont coupées) et hausse des impôts (la TVA passe à 23%). Tout cela alors que l’impôt sur les sociétés ne bouge pas et pour financer les banques !
L’Irlande nous donne l’exemple d’une exploitation inique de l’homme au profit des multinationales. Car les grandes entreprises ne vont pas contribuer à l’effort pour rembourser les créanciers du pays. Ce sont uniquement les citoyens qui vont le faire. Et certains, coincés entre une baisse de leurs revenus et une augmentation des impôts risquent de perdre leur logement. Il faut noter qu’en dehors de l’euro, une dévaluation aurait permis à l’Irlande d’éviter la baisse des salaires…
Oui, ce qui se passe en Irlande est grave. Voici un pays qui démontre que le système économique actuel est aussi inefficace, qu’injuste et instable. Pire, quand vient la catastrophe, il devient encore plus injuste puisque ce sont les petits qui paient pour protéger les gros. Bienvenue dans la loi de la jungle.
10:55 Publié dans Actualités, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : irlande, plan de rigueur, plan d'austérité
24.11.2010
DSK, le taliban de la globalisation
Alors que tous les travers de la déréglementation et de la construction européenne sont aujourd’hui exposés en Irlande, Dominique Strauss-Kahn a proposé la semaine dernière d’aller encore plus loin dans cette voie, au mépris des nations et de la démocratie.
Sus aux Etats-nations !
Alors que les gaullistes arrivent à concilier la culture internationaliste Française avec un fort attachement à la patrie, chez les socialistes, cet internationalisme semble aller de pair avec une volonté d’effacer les Etats-nations. Le patron du FMI développe un agenda politique assez stupéfiant : unification du marché du travail, allongement de la durée du travail, recours à l’immigration pour compenser la démographie continentale, transferts de pouvoir vers la Commission, impôt européen…
Il soutient ainsi « qu’il est temps de changer de cap. Le centre doit prendre l’initiative dans tous les domaines clé pour assurer le destin commun de l’Union, notamment en matière de politique financière, économique et sociale. Les pays doivent être disposés à céder plus d’autorité au centre ». Il propose « la création d’une autorité budgétaire centralisée aussi indépendante politiquement que la BCE. L’autorité fixerait les orientations budgétaires de chaque pays membre et allouerait les ressources ».
S’il reconnaît que sa proposition est « audacieuse » et « peu probable dans un avenir proche », il précise qu’il veut « ôter la responsabilité principale du maintien de la discipline budgétaire et des réformes structurelles au Conseil (afin) de réduire le risque que des intérêts nationaux étroits interfèrent avec la mise en œuvre effective des règles communes » et propose que ce soit la Commission Européenne qui jouent ce rôle tout en lui donnant de nouvelles ressources par un impôt européen.
La démocratie entre parenthèses
Fort heureusement, ces propositions sidérantes n’ont quasiment aucune chance d’être mise en place, même si Dominique Strauss-Kahn était élu à la présidence de la République. L’Allemagne, comme le montre l’arrêt de sa Cour Constitutionnelle, refusera sans nul doute ce coup de force supranational. Et ce n’est pas la très souverainiste Grande-Bretagne qui pourra accepter un tel coup de force en faveur de bureaucrates apatrides. Mais tout ceci est doublement révélateur.
Tout d’abord, cela montre à quel point Dominique Strauss-Kahn est à côté de la plaque. Alors que cette crise a mis en lumière les dangers de la déréglementation, ce « socialiste », ne propose rien pour corriger ses excès, et se concentre sur l’organisation des pouvoirs. Les seules propositions de fond sont une volonté d’allonger la durée du temps de travail ainsi qu’une uniformisation des marchés du travail dont on se doute qu’elle ne se ferait pas par le haut ou sur les normes Françaises…
Mais pire, cela révèle le penchant profondément anti-démocratique de ces élites social-démocrate-chrétiennes. En effet, Dominique Strauss-Kahn propose très clairement une mise entre parenthèse de la démocratie puisqu’après la politique monétaire, ce serait la politique budgétaire qui serait totalement retirée de la tutelle des hommes politiques, et donc du choix démocratique des peuples. Les élections ne serviraient alors qu’à choisir qui inaugurerait les chrysanthèmes.
Merci Dominique Strauss-Kahn ! Merci de montrer de manière transparente le fond de la pensée d’une certaine élite politique qui veut mettre entre parenthèse la démocratie pour imposer un agenda néolibéral puissamment inégalitaire. Nous saurons pourquoi nous nous battrons contre vous.
Merci à Charles, à qui j’ai en partie emprunté le titre dans un de ses commentaires postés sur Facebook.
10:55 Publié dans Actualités, Europe, Parti Socialiste | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note
23.11.2010
En Irlande, la finance gagne une bataille…
Ce qui se passe aujourd’hui en Irlande est particulièrement grave. Comme d’habitude, on nous présente le nouveau plan concocté cette fin de semaine comme un plan d’aide au pays. Mais les réactions des marchés et de la presse montre bien qui sont les véritables gagnants…
Un nouveau plan pour les banques
En réalité, ce plan n’est absolument pas un plan pour sauver l’Irlande. Comme l’explique Frédéric Lordon dans cette vidéo postée par Yann, c’est un nouveau plan d’aide pour les banques. En effet, l’Europe ne vient pas au secours des pays membres. Elle cherche uniquement à protéger les créanciers des Etats, à savoir les banques, et sauver l’euro. Tout ce qui est entrepris aujourd’hui a pour unique objectif d’assurer que les créances détenues par les banques seront totalement honorées.
En soi, honorer les créances est sain. Mais quand ce sont ces mêmes banques qui ont provoqué la crise, qu’il a fallu aider à coups de milliards d’argent public et qui sont aujourd’hui les véritables bénéficiaires de ces nouveaux plans d’aide, on peut être pris d’envies révolutionnaires… Nous sommes tout de même dans un système totalement ubuesque où les établissements financiers obtiennent le beurre, la crème, la crémière, la petite sœur de la crémière et son mari comme esclave !
En effet, dans les années 2000, la finance a engrangé des profits de plus en plus importants en spéculant en dépit du bon sens (le précédent de 2001 était pourtant récent). Ces excès ont plongé le monde au bord d’un cataclysme économique. Les Etats ont donc apporté l’argent qu’il fallait pour sauver le système financier, déséquilibrant un peu plus des finances publiques mises à mal par la crise. Et voilà qu’aujourd’hui les banques, qui font à nouveau des profits colossaux, exigent et obtiennent que le remboursement des créances devienne la priorité politique numéro 1 !
Une autre voie possible
Il y a pourtant d’autres solutions. Les Etats les plus en difficulté (Grèce et Irlande) pourraient monétiser ou faire défaut, au moins partiellement. C’est la voie qu’a choisi l’Argentine en 2002 et on voit bien que cela n’a pas eu les conséquences apocalyptiques que certains annoncent. Car qui peut croire un instant qu’Athènes pourra honorer les dettes qu’elle accumule aujourd’hui ? Il faut préparer une autre solution car, en les « aidant » de la sorte, on ne fait que repousser le problème, en le faisant grossir…
Un Etat ne fait pas faillite. Il fait « seulement » défaut, à savoir qu’il n’honore pas ses engagements financiers. Le problème est que le continent européen est soumis à une terrible complication : l’euro. En effet, si l’Argentine a pu rebondir après son défaut de 2002, c’est aussi parce que le peso a été fortement dévalué. Mais la Grèce et l’Irlande, membres de l’euro, ne peuvent pas dévaluer pour relancer leur économie et sont donc prises dans le piège de la déflation.
C’est ainsi qu’alors que le plan Irlandais garantit les paiements dus aux banques, il propose de baisser le SMIC de plus de 11% ! Les contribuables sont doublement perdants : ils paient le plan de sauvetage et voient leur salaire baisser (les entreprises poussant pour que l’impôt sur les sociétés ne bouge pas…). Dans quelques décennies, les économistes se pencheront sans doute avec un certain ahurissement sur cette priorité ubuesque et inhumaine donnée à la finance sur les hommes.
Heureusement, les nations peuvent encore défaire ces plans iniques. Les peuples ont perdu une bataille, mais ils n’ont pas perdu la guerre. La résistance pourrait bien commencer en janvier à Dublin la rebelle. En attendant, souvenons-nous que nous sommes tous des Irlandais en puissance.
Je vous invite à lire les très bons papiers de Frédéric Lordon sur la crise européenne (partie 1 et partie 2)
10:55 Publié dans Actualités, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : irlande, frédéric lordon, yann, euro
22.11.2010
Vers une renaissance gaulliste
Discours prononcé hier lors du Congrès de Debout la République
Mes chers compagnons,
Il y a deux ans, nous étions réunis pour notre premier Congrès. Ensemble, et derrière Nicolas, nous avons parcouru un chemin remarquable. Nous n’en avons pas assez conscience.
Il y a deux ans, nous étions un club. Un club qui avait présenté des candidats dans un peu plus de 10% des circonscriptions aux élections législatives. Un gros quart de ces candidats avaient dépassé 1% des suffrages. Aujourd’hui, nous sommes un parti national, qui a présenté des listes dans toute la métropole aux élections européennes, réunissant 2% des voix dans des circonstances difficiles. Et cette année, nous avons dépassé le Modem et le NPA aux élections régionales en Ile de France. Ce que nous avons accompli en deux ans est une immense réussite.
En seulement deux ans, nous nous sommes installés dans le paysage politique, avec très peu de moyens grâce au courage et à la motivation de tous. Bien sûr, nous pouvons encore avoir des frustrations, mais que sont-elles par rapport à ce magnifique parcours ? Aujourd’hui, nous sommes à la croisée des chemins. Si nous continuons à grandir, nous serons définitivement installés dans le paysage politique Français.
Et nous pourrons le faire lors de l’élection présidentielle qui se profile en soutenant Nicolas Dupont Aignan. La crise économique majeure que nous traversons depuis 2008 a bouleversé le paysage politique. Car cette crise est celle de la globalisation néolibérale que nous dénonçons depuis longtemps et qui est défendue par l’UMP comme le PS. Aujourd’hui, les Français ont compris que notre système économique est aussi inefficace, qu’injuste et instable.
En effet, cette crise est bien une crise de la globalisation. Car c’est la suppression des frontières qui explique que la crise du marché immobilier étasunien ait déclenché un tel chaos. En globalisant les économies, on a globalisé les crises. Pour reprendre l’image de Jacques Sapir, supprimer les frontières revient à supprimer les compartiments étanches de la cale du bateau économique mondial. La moindre voie d’eau menace alors de faire couler le navire.
Cette crise est aussi une crise du « laissez-faire » et du « laissez-passer » que le Général de Gaulle avait si souvent dénoncés. La déréglementation économique a abouti à une loi de la jungle, une triple anarchie néolibérale.
La première, c’est, depuis 1971, l’anarchie monétaire, un système où on laisse à ces marchés cupides et irrationnels le soin de fixer la valeur de ce bien collectif si précieux qu’est la monnaie. Un système où, depuis 1973 en France, ce sont les banques privées qui créent cette monnaie pour leur seul profit.
La deuxième, c’est l’anarchie financière, un système où les banques sont trop grosses pour qu’on les laisse tomber. Résultat, on collectivise les pertes alors qu’on a privatisé les profits. Un système où la finance s’est transformée en une sangsue qui extrait toujours plus d’argent de l’économie productive.
La troisième, enfin, c’est l’anarchie commerciale, un système où l’on met en concurrence les salariés des pays dits développés avec ceux des pays en voie de développement. Maurice Allais nous avait pourtant prévenu : dans de telles conditions, le libre-échange encourage les délocalisations, détruit nos emplois, et comprime les salaires.
Et parce que tout est lié, l’anarchie néolibérale et la globalisation sont les deux faces d’une même réalité, l’une soutenant l’autre. Elles ont un ennemi commun : les nations, qui sont encore les seuls moyens pour l’homme de construire une alternative. Comme le dit Frédéric Lordon, « en appeler au gouvernement mondial est le plus sûr moyen d’avoir la paix, à savoir pas de gouvernement du tout ».
En supprimant les frontières financières, commerciales et humaines, on a privé les États nations des moyens de choisir leur voie. Et cela représente un terrible recul démocratique. Car la nation, en plus d’être une communauté de destin culturelle et solidaire, est également le moyen pour les hommes d’agir sur leur destin. Affaiblir les nations, c’est retirer aux hommes la capacité d’influencer leur avenir. La globalisation telle qu’elle est conçue aujourd’hui entraîne une aliénation de l’homme et un affaiblissement de la démocratie.
Bien sûr, certains affirment qu’une mystérieuse main invisible protègerait l’intérêt général. Mais il suffit d’examiner l’évolution du partage de la valeur depuis trente ans pour réfuter cette thèse. Toute la création de richesse est partie dans les profits des multinationales et les revenus des plus riches. Le système actuel ne sert les intérêts que d’une minorité.
La France, l’Europe, le Monde ont besoin de construire un nouveau système, où la croissance profite à tous. Nous devons remettre le développement économique au service de l’homme et non pas asservir les hommes à des multinationales sans scrupules et assoiffées de profits. Et ce combat, nous devrons le mener en 2012 car il ne faut rien attendre des autres partis.
Les partis anticapitalistes semblent avoir oublié l’échec de l’URSS et les réussites du capitalisme colbertiste et keynésien des Trente Glorieuses. Le Front National s’est construit dans la haine des autres. Leurs extrémismes en font les idiots utiles du système. En stérilisant l’opposition sans espoir d’arriver au pouvoir, ils prolongent le duopole PS-UMP.
La solution, ce n’est clairement pas l’UMP de Nicolas Sarkozy. La France aura encore perdu cinq ans avec ce président au gant d’acier mais dont la main est faible.
Rien n’a été réglé. Les violences aux personnes, baromètre le plus fiable de l’insécurité, augmentent depuis huit ans. Le pouvoir d’achat recule. Près de cinq millions de Français sont privés d’emplois. Le financement de notre régime de retraites par répartition n’est pas assuré. Et en 2011, notre pays affichera le déficit le plus élevé de la zone euro, devant la Grèce ou le Portugal. Non, Nicolas Sarkozy n’a strictement rien réglé.
C’est sans doute pour cela qu’il a essayé de nous distraire pendant cinq mois avec le feuilleton interminable et ridicule du remaniement. Comme toujours, il parle beaucoup, mais ne fait pas grand chose. C’est la présidence crocodile que dénonçait Nicolas il y a deux mois. Ne prenons pas la brutalité de ses méthodes pour une capacité d’action. Presque tous les dossiers traités par le gouvernement l’ont été de manière superficielle.
La solution, ce n’est pas le Parti Socialiste non plus. C’est le parti qui préfère depuis vingt ans les sans-papiers aux chômeurs, un choix qui en dit long sur sa mentalité. Les derniers textes du PS montrent bien qu’ils n’ont toujours rien compris. Celui sur l’égalité réelle est absolument sidérant. Il propose de distribuer de nouveaux milliards comme s’il y avait une cagnotte fiscale, cachée on ne sait où…
En revanche, rien de crédible pour remettre en cause cette globalisation néolibérale qu’ils ont autant soutenu que l’UMP. Aucune remise en cause sérieuse du libre-échange, de la liberté de circulation des capitaux ou de la privatisation de la monnaie.
Le PS ne semble pas comprendre que cette mondialisation affaiblit dramatiquement notre économie. Pire, il feint d’ignorer qu’elle est responsable des délocalisations, du chômage de masse et de la paupérisation des classes populaires comme des classes moyennes. Ce n’est pas pour rien que le Parti Socialiste a perdu les classes populaires. Il est littéralement devenu un parti social-traître !
Le Général de Gaulle disait « je n’aime pas les socialistes parce qu’ils ne sont pas socialistes et je n’aime pas les miens parce qu’ils aiment trop l’argent ». Comment mieux décrire aujourd’hui le Parti Socialiste de Dominique Strauss-Kahn et Pascal Lamy ou l’UMP de Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé ?
Mais le Général n’était pas seulement un commentateur lucide de la vie politique Française. Il avait également compris toutes les limites de la déréglementation quand il soutenait que « le laissez-faire, le laissez-passer appliqués à l’économie (…) a souvent donné (…) au développement une puissante impulsion. Mais on ne saurait méconnaître qu’il en est résulté beaucoup de rudes secousses et une somme énorme d’injustices ». Pire, aujourd’hui cette déréglementation ne contribue même plus à notre développement économique.
Enfin, il était le défenseur acharné de la souveraineté nationale, seule garante de l’intérêt général. Et c’est pourquoi les solutions à cette crise (le retour des souverainetés et le rejet du laissez faire et du laissez passer) sont profondément gaullistes.
Bien sûr, certains nous diront que le gaullisme, c’est dépassé. Mais que dire alors du socialisme, né au 19ème siècle, ou des théories libérales, qui ont plus de deux cent ans ? Non, le gaullisme est sans doute la pensée politique cohérente et globale la plus moderne. Et il nous offre deux moyens pour remettre l’économie au service de tous.
Le premier moyen, c’est rétablir des frontières pour restaurer la souveraineté des Etats sur le marché et stabiliser le système économique.
Nous devons dé-globaliser, conserver nos activités agricoles et industrielles sur notre territoire, comme les pays asiatiques l’ont bien compris. Toute économie a besoin de ces fondamentaux. Il ne s’agit pas d’autarcie, mais comme le font le Japon, la Chine ou la Corée du Sud, s’assurer que nous conservons une économie diversifiée et indépendante. Ce rétablissement des frontières économiques nous permettra de reprendre notre destin en main tout en stabilisant notre économie.
Le second moyen consiste à remettre le développement économique au service de l’homme et non pas à y asservir l’humanité.
En premier lieu, nous devons quitter la monnaie unique, revenir sur la loi de 1973, et supprimer l’indépendance de la Banque Centrale. Puis, nous pourrons participer à la construction d’un nouveau système monétaire européen et international qui retirerait à la corbeille sa prééminence.
En second lieu, nous devons remettre la finance au service de l’économie productive. Cela passe par une limitation drastique de la spéculation, une forte contribution à la collectivité avec une taxe Tobin qui ne soit pas symbolique, et par la constitution d’un pôle public bancaire plus important.
En troisième lieu, nous devons mettre fin à cette anarchie commerciale mortifère qui instaure une loi de la jungle où le moins-disant salarial, social et environnemental est toujours gagnant. Nous devons encadrer le commerce mondial pour en supprimer les effets pervers, à savoir un appauvrissement général des classes populaires et moyennes des pays dits développés.
Plus globalement, nous devons reconnaître le rôle majeur de l’Etat pour diriger l’économie dans le sens de l’intérêt général car le laissez faire et le laissez passer n’aboutissent qu’à l’anarchie et à la loi du plus fort.
Bref, l’alternative que nous devons porter, dirigiste et souverainiste, est profondément gaulliste. Comme en 1940, comme en 1958, la solution ne sera pas de droite ou de gauche. Justement, il faudra casser cette globalisation néolibérale que droite et gauche ont construite conjointement. Il faudra abattre cette construction européenne anti-démocratique, anti-nations et dogmatiquement néolibérale pour construire une nouvelle Europe des coopérations entre Etats-nations.
2012 sera une étape cruciale pour le retour en force des idées gaullistes. Elle va transformer le petit parti que nous sommes en un parti établi. Ainsi, le moment venu, nous pourrons porter l’alternance dont la France a tellement besoin.
On aurait pu croire que cette crise allait provoquer un véritable changement, une prise de conscience. Mais aucun dirigeant de la planète n’a voulu remettre en cause ce système inefficace, injuste et instable. Cette crise n’aura été que l’équivalent de la guerre d’Indochine pour la 4ème République. Mais il y a fort à parier que la prochaine sera sa guerre d’Algérie, qui imposera un nouveau New Deal.
Et parce que nous, gaullistes, sommes les héritiers de la pensée politique qui détient les clés de la crise (souveraineté et refus du laissez-faire), nous sommes amenés à jouer un rôle majeur dans sa résolution. Nous sommes les dépositaires d’idées et de principes qui peuvent remettre la France et l’Europe dans la bonne direction. Et en 2012, rassemblés derrière Nicolas Dupont-Aignan, nous allons contribuer à une nouvelle renaissance gaulliste.
Car comme le disait le Général de Gaulle, « puisque tout recommence toujours, ce que j’ai fait sera tôt ou tard une source d’ardeur nouvelle après que j’aurai disparu ». Cette crise démontre toute l’actualité de cette pensée qui peut encore être la boussole de notre pays.
Chers compagnons, à nous de nous rassembler pour proposer un autre avenir à notre patrie. Pour que vive la République et vive la France.
10:59 Publié dans Actualités, Dupont-Aignan, Gaullisme | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : nicolas dupont-aignan, debout la république, 2012, présidentielles, charles de gaulle, gaullisme, jacques sapir, frédéric lordon
21.11.2010
Le duel DSK- Sarkozy à venir
Pour ceux qui en doutaient encore, la séquence récente a sans doute dissipé les doutes concernant les candidatures de Nicolas Sarkozy et Dominique Strauss-Kahn à l’élection présidentielle. La poignée de main échangée mercredi préfigure sans doute le duel de 2012.
Deux candidatures à peine voilées
A dire vrai, pouvait-on véritablement douter de la volonté de ces deux hommes d’être candidat à l’élection présidentielle ? Y-a-t-il seulement un cas dans le monde d’un dirigeant qui s’arrêterait à un seul mandat alors qu’il n’est pas contraint de le faire. Et ce n’est pas Nicolas Sarkozy, animé par une solide ambition depuis bien longtemps qui risquait de faire exception à la règle. Tout dans ces dernières décisions (réforme des retraites, remaniement) porte la marque de l’élection à venir.
Mais Dominique Strauss-Kahn ne lui fait pas grand mal. Bien sûr, il est contraint à beaucoup plus de discrétion, du fait de sa position. Néanmoins, il faut quand même reconnaître qu’il revient à intervalle trop régulier pour ne pas y voir sa volonté d’être candidat. Même sa compagne vient assurer son service après-vente au Grand Journal de Canal Plus. Et ses déclarations sur les sondages, qui « le touchent » indiquent très clairement qu’il ne compte pas faire l’impasse sur 2012.
Les conséquences de ce duel
Ce ne sont les socialistes qui souhaiteraient avancer le calendrier des primaires qui vont y changer quoique ce soit. Il est extrêmement probable que les sympathisants socialistes se jetteront dans les bras de DSK, le mieux à même de battre Nicolas Sarkozy, face à des opposants (Aubry, Royal, Hollande) bien peu convaincants. Au pire, le patron du FMI abandonnera son mandat un peu plus tôt…Mais un tel candidat pour le PS aura des conséquences profondes pour le débat à venir.
Il est probable que la candidature de DSK signe la fin des aventures de François Bayrou et Dominique de Villepin. Comment ces candidats pourraient-ils exister avec un candidat socialiste aussi modéré et proche de leurs positions ? En revanche, la gauche de la gauche (Mélenchon) pourra se réjouir du boulevard laissé par le Parti Socialiste. Bien sûr, il faudra que DSK arrive au second tour, mais la présence de Sarkozy devrait mobiliser suffisamment d’électeurs modérés qui lui sont hostiles.
Il ne faut pas se faire d’illusions sur la volonté de Nicolas Sarkozy et Dominique Strauss-Kahn d’être candidats. Heureusement, aussi désolante soit la perspective d’un tel second tour, elle pourrait clarifier le débat à plus long terme.
10:55 Publié dans Actualités, Parti Socialiste, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, dominique strauss-kahn, présidentielles, 2012



