30.04.2011
Y-a-t-il une droitisation de nos sociétés ?
Jean-Philippe Huelin et Gaël Brustier, chevènementiste devenu directeur de cabinet d’Arnaud Montebourg, ont signé « Voyage au bout de la droite », qui connaît un beau succès, étant sorti juste avant l’explosion de Marine Le Pen dans les sondages et le virage droitier du gouvernement.
Une histoire des droites dans le monde
Les auteurs commencent leur ouvrage par un tour du monde des droites étasuniennes et européennes. Les débuts de la droitisation remontent aux années 1960, au sein… du parti démocrate ! En effet, c’est l’aile droite du parti de l’âne qui a commencé à se révolter contre les « bobos » libéraux-libertaires qui faisaient fuir les ouvriers. Ce mouvement s’est retrouvé dans le candidat Reagan (les démocrates reaganiens), avant de rejoindre les républicains et d’aboutir aux « Tea Parties ».
La Grande-Bretagne a suivi avec Margaret Thatcher. Et le New Labour de Tony Blair a finalement largement admis et consolidé le néolibéralisme économique des conservateurs le tempérant cependant de vraies conquêtes sociales. L’Italie est aujourd’hui encore dominée par Silvio Berlusconi et de nombreux pays voient progresser les partis à droite de la droite : Hollande, Autriche, Suisse. On pourrait rajouter les pays nordiques aux cas étudiés dans le livre.
L’idéologie de la nouvelle droite
Pour les auteurs, la droitisation, c’est « la cimentation d’un imaginaire commun dextriste fait de néolibéralisme, de déclinisme, de néoconservatisme, d’occidentalisme et d’identitarisme ». Pour cette nouvelle droite, « la dispute sociale cède le pas devant la recherche de communion dans des appartenances collectives ». En effet, cette droite rejette toute dimension progressiste, regarde fortement vers les Etats-Unis et est très souvent profondément islamophobe.
Mais ils soulignent également que son succès vient des « impensées de la gauche », une gauche « prolophobe », qui méprise un peuple qu’elle juge « incorrigiblement raciste, sexiste et provincialiste », cherchant à imposer ses valeurs, parfois par des institutions protégées de l’aléa démocratique. Cette gauche se satisfait d’être « l’infirmière de la globalisation ». Il est difficile de ne pas voir dans Dominique Strauss-Kahn la caricature de cette gauche…
La France, du pareil à l’autre
Les auteurs soutiennent que la France suit une même tendance, le processus de « dégaullistisation » ayant été achevé dans les années 1980 par Jacques Chirac. Ils racontent qu’à la fin des années 1970, le RPR était classé à gauche de l’UDF, un gros quart des cadres se considérant même de centre-gauche ! Mais le tournant des années 1980, sous l’influence d’Edouard Balladur, a provoqué une droitisation des néogaullistes parachevé par la création de l’UMP.
En effet, le nouveau parti majoritaire accorde une large place à l’ancien Parti Républicain, devenu Démocratie Libérale, qui avait accueilli beaucoup de personnes venues de l’extrême-droite. Le discours actuel tenu par le parti majoritaire accrédite parfaitement la thèse des auteurs et il est difficile de ne pas voir dans l’UMP l’exemple type de cette nouvelle droite qui s’assume, comme le disait autrefois Nicolas Sarkozy et aujourd’hui Jean-François Copé.
J’apporterai deux bémols à l’analyse, à savoir que la « dégaullistisation » du RPR ne s’est pas faite aussi vite. Les racines étaient profondes et Philippe Séguin notamment a su entretenir la flamme gaulliste dans les années 1980 et 1990. Enfin, il est intéressant de noter que le Front National ne rentre pas parfaitement dans cette définition puisque Marine Le Pen a jeté aux orties les idées néolibérales de son père pour opérer un virage économique franchement dirigiste.
Au final, « Voyage au bout de la droite » est un livre passionnant pour les amateurs de politique qui se dévore d’autant plus que l’histoire qui est contée est à la fois à mille lieues des simplifications des grands médias et très bien racontée.
Source : « Voyage au bout de la droite », Gaël Brustier et Jean-Philippe Huelin, Mille et une nuits
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29.04.2011
Asymétries protectionnistes
C’est un des angles morts les plus incroyables de la pensée économique dominante, véhiculée par Alain Minc, Jacques Attali et consorts. S’ils clouent au pilori toute personne ayant l’audace de parler de protectionnisme commercial, ils oublient les autres protectionnismes.
Les protectionnismes oubliés
Si les quotas ou tarifs douaniers sont anathèmes pour les néolibéraux et tous ceux qui, au PS ou à l’UMP, suivent leurs préceptes, bizarrement, ils oublient qu’il existe bien d’autres formes de protectionnisme pas moins efficaces que les bons vieux droits de douane aux frontières. Après tout, aujourd’hui, l’euro est surévalué de près de 40% par rapport au dollar : cela revient à un tarif du même niveau. Et le wuan est lui-même sous-évalué de 40% par rapport au dollar…
La différence est que le protectionnisme monétaire est accepté (certes en grommelant) alors que les droits de douane sont interdits. Il y a quelque chose de totalement ubuesque à permettre à des pays de mettre en place des barrières commerciales, du moment qu’elles sont monétaires, alors qu’il est très difficile de mettre en place des droits de douane. L’asymétrie entre les deux laisse songeur, et amène à questionner la sincérité de ceux qui agissent contre l’un mais pas l’autre.
Mais il y a encore d’autres protectionnismes que les libre-échangistes peinent à prendre en compte : les protections non tarifaires, les normes, les barrières pour la distribution ou l’installation. C’est la spécialité des pays asiatiques, extrêmement protectionnistes pour leur marché intérieur (plus de 95% des voitures vendues au Japon, en Corée du Sud et en Chine sont fabriquées localement), mais aussi les normes DIN qui protègent les industriels Allemands.
Banaliser le protectionnisme
Bien sûr, les défenseurs inconditionnels du libre-échange ne manqueront d’agiter le spectre de la Grande Dépression en expliquant que le protectionnisme aurait lourdement accentué la crise de l’économie mondiale dans les années 1930. Mais trois prix Nobel (Maurice Allais, Paul Krugman, Joseph Stiglitz) expliquent que le protectionnisme est une conséquence de la crise et non une cause, ce qui est confirmé par l’effondrement du commerce international en 2009.
En fait l’Europe devrait adopter une attitude dédramatisée à l’égard du protectionnisme, bien loin de ces traités qui sanctifient imbécilement « la concurrence libre et non faussée ». La Commission Européenne a fait du continent le dindon de la farce de la mondialisation néolibérale. Alors que le Japon a obtenu au début des années 1990 l’ouverture totale de notre marché à la vente de ses voitures, la réciproque n’est toujours pas vraie, de même qu’en Corée du Sud…
Si le protectionnisme n’est pas une fin en soi et sans aller jusqu’à l’autarcie, les quotas, les écluses tarifaires, ou normatives permettent à la fois d’assurer le maintien d’une industrie et d’un équilibre de nos échanges (sans quoi, à être ouverts à des pays fermés à nos produits, on finit mal) mais aussi un moyen de contrôler la qualité des produits qui rentrent et d’éviter que la libéralisation n’aboutisse à une course au moins-disant social, salarial et environnemental.
Si les idées protectionnistes gagnent du terrain (le parti socialiste semble évoluer par la voix d’Arnaud Montebourg ou de Benoît Hamon), les avancées sont encore timides. C’est pourquoi il est important de montrer que finalement, tout le monde est protectionniste, à part l’UE…
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28.04.2011
« Pourquoi la France a tort d’être morose »
Il y a une semaine, le parfois francophobe The Economist a publié un long papier sur le malaise de notre pays. Mais à ma grande surprise, ils affichent un « pourquoi la France a tort d’être morose », dressant un portrait, certes contrasté, mais assez positif de l’hexagone.
Le malaise Français
L’hebdomadaire anglais souligne avec justesse que notre pays souffre d’un vrai malaise que l’on retrouve dans toutes les enquêtes d’opinion mondiales, qui dessinent un pays plus pessimiste que tous les autres : moins de 20% des Français pensent que 2011 sera une meilleure année que 2010, un score plus bas que celui du Japon après deux décennies de stagnation, de l’Islande, après un krach spectaculaire, ou que la Grande-Bretagne, en proie à une austérité sauvage.
Le magazine libéral empile les raisons d’une telle morosité : une croissance faiblarde, un chômage élevé, des déficits importants, un modèle social en question, une opposition à la réforme qui s’est exprimée cet automne sur les retraites. Il souligne également le poids de nos charges sociales, qui pénalise l’emploi en le rendant plus cher qu’en Allemagne, la petite taille de nos entreprises en dehors des grandes multinationales et le poids de l’Etat, sa critique traditionnelle.
Les atouts de la France
Cependant, The Economist souligne également que notre pays a de puissants atouts. Il souligne que notre démographie devrait faire de notre pays le premier par la population en Europe dès 2037, ce qui relativise notre morosité puisque nous continuons à faire des bébés. Ensuite, il souligne que nous profitons d’un bon système de santé et d’une alimentation plus saine que les autres qui fait que nous vivons plus longtemps et en meilleure santé (les Français sont les plus minces d’Europe).
Mieux, l’hebdomadaire souligne nos forces économiques, soulignant que les réformes successives ont permis à notre pays de favoriser l’entreprenariat : il faut sept jours pour créer une entreprise contre quarante et un en 2004, moins qu’au Royaume Uni ou en Allemagne. The Economist souligne également la force de nos multinationales dont de nombreuses dominent leur secteur (seuls les Etats-Unis en ont plus que nous) mais aussi nos nombreux entrepreneurs sur Internet.
En effet, la France peut compter sur de nombreux leaders continentaux, comme Priceminister, Meetic, Vente privée, Pixmania ou Free qui sont partis de rien et sont aujourd’hui des groupes qui se développent dans l’Europe entière. Bref, le magazine britannique vante notre esprit d’innovation et souligne que les entreprises qui font rêver les jeunes Français sont davantage Apple, Google et Microsoft que l’administration, malgré notre hostilité relative au capitalisme.
Croire en la France
La France a beaucoup apporté au monde, et elle apportera encore beaucoup, même dans un monde où de nouvelles puissances émergent. Notre démographie va faire de nous le pilier de l’Europe et, à plus long terme, devrait même nous permettre de dépasser le Japon. Plus encore, dans un monde où les excès du modèle économique anglo-saxon sont tous les jours plus criants, nous pourrions bien jouer un rôle majeur dans la réorganisation majeure à venir.
En effet, aujourd’hui, c’est la lecture néolibérale et anglo-saxonne qui a paradoxalement gagné, mais les déséquilibres majeurs du système vont nous mener à une nouvelle crise. Et là, l’Europe continentale, avec la France et l’Allemagne à sa tête pourront alors chercher à construire un nouveau système plus stable et plus juste avec les émergents non anglo-saxons (Chine, Brésil, Russie). Et nos atouts sont considérables, tant économiquement que culturellement.
Comme souvent dans notre passé nous traversons une phase difficile. Mais un grand pays ne meurt pas. Il hiberne en vue de jours meilleurs. Et comme dans le passé, nous aurons à nouveau l’occasion de nous redresser, pour le bienfait de tous les Français, mais aussi du monde.
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27.04.2011
Rama Yade, ange ou démon ?
Alors que l’on peine à se souvenir du nom des secrétaires d’Etat, elle est aujourd’hui une des personnalités politiques les plus populaires et les plus invités (elle était de nouveau invitée au Grand Journal de Canal Plus la semaine dernière). Que se cache-t-il derrière cette star de la politique ?
Jeune, jolie, et rebelle…
A priori, Rama Yade a tout pour plaire. C’est une belle femme issue des minorités visibles qui a démontré une vraie force de caractère depuis le voyage très controversé de Muhammad Kadhafi en France, où elle avait exprimé des réserves qui prennent aujourd’hui un sens particulier. N’a-t-elle pas eu raison, a posteriori, de marquer sa différence ? Et en quatre ans, elle a gagné un solide aplomb qui lui donne maintenant un certain charisme quand elle s’exprime.
Il est sûr que par rapport aux soutiens inconditionnels du président de la République comme Nadine Morano et Frédéric Lefebvre, elle apporte une liberté de penser a priori rafraîchissante. Si elle sait parfaitement pratiquer la langue de bois, elle n’hésite pas à souligner ses points de désaccord avec le président de la République. Et il est vrai qu’étant donné l’impopularité record de Nicolas Sarkozy, une position critique vis-à-vis de son action est un bon gage de succès.
Mais aussi perso…
Et c’est justement tout le problème. En fait, Rama Yade fait à Nicolas Sarkozy ce que ce dernier avait fait à Jacques Chirac. Elle exprime de manière transparente tous ses désaccords, au mépris de la plus élémentaire solidarité gouvernementale ou majoritaire. Bien sûr, un homme politique n’est pas forcément sensé reprendre mot pour mot et en toute circonstance tout ce que son chef dit. Mais entre la soumission servile et la rébellion permanente, il y a des nuances.
Et Rama Yade ne s’en est pas beaucoup embarrassé. Elle n’a pas hésité à exposer ses désaccords avec ses ministres de tutelle. Malheureusement, le président, en ayant montré le mauvais exemple de 2002 à 2007, puis en ayant trop longtemps laissé faire, a encouragé un tel comportement. Est-il vraiment étonnant qu’un bébé Sarkozy la joue perso en politique ? En outre, il est difficile de ne pas y voir des postures, comme lors de la polémique sur le prix de l’hôtel des bleus.
Et suffisante
Rama Yade, après s’être rapproché de Jean-François Copé, a finalement décidé de suivre Jean-Louis Borloo dans son aventure, officiellement parce que le parti majoritaire ne lui permettrait pas de travailler sur les sujets sur lesquels elle souhaite travailler… Pourtant, au Grand Journal, elle a été bien incapable d’avancer la moindre proposition sur ces sujets dont elle dit qu’ils lui tiennent tant à cœur. En fait, l’ambitieuse n’avait pas eu le poste qu’elle attendait il y a quatre mois...
En clair, la direction actuelle de l’UMP n’était pas prête à lui confier des responsabilités à la hauteur de la grande idée qu’elle se fait déjà d’elle-même. Et aux rumeurs sur son limogeage de sa mission d’ambassadrice pour l’UNESCO, du fait de ses prises de parole intempestives étant donnée la fonction qu’elle est sensée occuper, elle ose répondre « j’existais avant, j’existerai après », comme si elle existait avant 2007… Bref, le bébé Sarkozy a pris la grosse tête.
Bien sûr, sa popularité est une belle réussite. Mais pour l’instant, elle n’a fait que répliquer les méthodes de son chef et bénéficie de son éloignement alors qu’il est devenu très impopulaire. Rama Yade a encore du chemin à faire pour démontrer qu’outre une grand idée d’elle-même, elle a du fond.
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26.04.2011
Grèce : la double impasse européenne
Le temps passe et la situation se détériore en Grèce : le PIB recule, les déficits peinent à baisser et la dette explose (près de 160% prévu fin 2012 maintenant). Même l’Allemagne reconnaît aujourd’hui qu’il faudra restructurer la dette Grecque. Mais il est probable que ce ne soit pas suffisant.
L’impasse de la dette
D’ici à quelques mois au plus tard, les pays européens vont annoncer une restructuration. L’admission du ministre des finances Allemand et l’accord implicite donné par les banques Allemandes ouvrent la voie à une telle solution. Mais cette restructuration prochaine n’est pas sans poser de nombreux problèmes. En effet, de combien faut-il restructurer ? Et faut-il restructurer les montants engagés par le Fonds Européen, faisant perdre aux Etats une partie de leur mise ?
Ces questions douloureuses ont toutes les chances de pousser à une solution minimaliste, qui ne résoudra rien. Au niveau actuel des taux à long terme (plus de 14% sur la dette à 10 ans contre un peu plus de 3% pour la dette Allemande), la décote implicite approche 50% ! Et avec des taux révisés à 4% (ceux offerts par le Fonds Européen), cela reviendrait à améliorer la balance budgétaire du pays de 6 points de PIB (pour un déficit prévu à 8 points en 2011).
Mais de deux choses l’une, soit toute la perte porte sur les dettes privées, ce qui implique une décote très forte, soit elle porte également sur les dettes du Fonds. Mais dans tous les cas, les banques voudront la décote la plus faible possible. Et dans le second, les problèmes politiques liés à la restructuration seront énormes car les populations devront accepter de perdre une partie de l’argent avancé à la Grèce. Bref, il y a des chances que la restructuration soit trop faible.
L’impasse de la croissance
Du coup, il est probable que les chefs d’Etat adoptent une mesurette qui ne sera pas définitive devant la pression des banques et des autres pays, potentiellement un allongement de la durée de remboursement avec la remise en cause la plus limitée possible du principal. Rien ne sera véritablement réglé comme c’est malheureusement trop souvent le cas au sein des cénacles européens. Mais même une restructuration en bonne et due forme serait insuffisante.
En effet, si une véritable restructuration de la dette permettrait de nettement améliorer la situation du pays, ce ne serait pas tout. Le PIB a déjà baissé de plus de 10%, les salaires également. Bref, l’économie Grecque a aussi besoin de trouver un moyen de se relancer. En effet, dans les épisodes de surendettement, les pays ne s’en sortent jamais uniquement en restructurant leur dette, mais également en dévaluant massivement pour retrouver de la compétitivité.
C’était le cas de l’Argentine en 2002, qui avait suspendu le paiement de sa dette, et qui avait dévalué de 72% ! La Grèce aurait besoin aujourd’hui d’une baisse drastique de sa monnaie pour rétablir ses comptes extérieurs, qui demeurent négatifs (-3% du PIB) malgré la dureté de la crise. Aujourd’hui, Athènes a besoin d’une dévaluation que la monnaie unique lui interdit, démontrant encore une fois toutes les limites de cette construction hasardeuse qu’est l’euro.
Aujourd’hui, la situation de la Grèce est intenable. Ella va être bientôt un peu améliorée mais sans répondre définitivement aux problèmes du pays. En attendant qu’Athènes suive la voie de Buenos Aires, les Grecs démontrent toutes les limites d’une monnaie unique européenne.
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25.04.2011
Immigration : ni angélisme communautariste, ni repli identitaire
La semaine dernière, j’ai eu l’occasion de débattre d’immigration pour le site Enquête et Débat avec Jean-Yves le Gallou, un ancien dirigeant du Front National, qui a rejoint le MNR de Bruno Mégret. L’occasion de constater à nouveau le fort clivage qui me sépare des identitaires.
La stigmatisation des identitaires
M. le Gallou connaît particulièrement bien les questions d’immigration, dont il s’est fait une spécialité. Il connaît toute une multitude d’exemples de dérapages non conformes avec notre tradition républicaine. Mais de manière très intéressante, malgré mes innombrables relances, il est resté dans un discours généralisant et excessif. Ainsi, les étudiants étrangers qui viennent en France ne seraient ni bons ni travailleurs ou nous pourrions nous voir imposer le ramadan dans les années à venir…
Malgré le débat, il n’a pas voulu admettre que la France est un pays de relative faible immigration en Europe, malgré l’évidence des statistiques britanniques : il y a un demi-million d’immigrés qui rentrent en Grande-Bretagne par an, contre deux cent mille en France… Malgré les évidences, il n’a pas voulu démordre du fantasme de substitution (pourtant, la population hors immigrés et enfants d’immigrés augmente de deux cent mille personnes pas an).
L’angélisme communautaire
Mais refuser la stigmatisation ou les déclarations mensongères qui ne font qu’accroître les tensions dans notre pays ne mène pas forcément à un angélisme qui peut rapidement céder au communautarisme. A ce titre, les réactions hystériques de la gauche et du Medef à l’annonce faite par le gouvernement de réduire de 10% seulement les flux migratoires sont totalement ridicules. Le contexte économique actuel justifie très largement une telle mesure.
En effet, il est bien évident qu’avec un tel chômage en France, il sera beaucoup plus difficile pour les immigrés de trouver du travail, ce qui rendra beaucoup plus difficile leur intégration. Comme l’a souligné Nicolas Dupont-Aignan dans son débat sur I-télé avec Olivier Besancenot, il est piquant de voir la gauche et l’extrême-gauche s’en prendre à cette mesure de concert avec Laurence Parisot, dont on se doute que ce ne sont pas des buts humanistes qui l’animent.
En outre, et sur ce point je suis d’accord avec les identitaires, il est clair que le modèle intégrateur Français s’affaiblit. Il n’est pas vraiment satisfaisant de voir les manifestations de plus en plus bruyantes d’une appartenance communautariste gagner du terrain dans la rue. En revanche, il ne faut pas oublier de dire que ces agissements ne sont le fait que d’une minorité, éviter les généralisations abusives ou de véhiculer le fantasme que la France pourrait ne plus être la France à l’avenir.
Une troisième voie
Aujourd’hui, entre des conditions économiques qui compliquent l’intégration des immigrés et l’absence de véritable besoin d’immigrés pour notre pays, il faut réduire les flux migratoires. En revanche, il ne faut surtout pas mettre un frein aux flux d’étudiants, qui nous apportent devises et influence. C’est pourquoi on pourrait par exemple baisser de 50% les flux migratoires liés à la famille et au travail pour le prochain mandat, ramenant les entrées à 130 / 140 000 par an.
Parallèlement, le gouvernement doit tout à la fois être extrêmement ferme sur les principes qui gouvernent notre république et ne pas céder au relativisme communautariste, mais sans jamais tomber dans la stigmatisation ou la caricature qui déchirent notre tissus national. En effet, le meilleur moyen de pousser la majorité républicaine dans les bras de la minorité intégriste est de les assimiler à ces derniers, comme le font Front National et d’une certaine mesure l’UMP.
Entre l’angélisme confondant et parfois trop relativiste du PS, l’agitation identitaire qui ne résout rien de l’UMP et la stigmatisation et les fantasmes véhiculés par le Front National, il y a d’autres voies possibles.
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24.04.2011
Le capitaliste n’est pas forcément écologiste
Il y a quelques jours, Georges Kaplan, un collègue de Causeur a fait un papier « le capitaliste est écologiste par nature », qui affirme que l’économie de marché peut parfaitement se révéler écologiste. Mais, Georges oublie que le capitalisme a des angles morts que seul l’Etat peut corriger.
Une démonstration trop habile pour être 100% honnête
Georges a un point quand il souligne que le système capitaliste peut être écologiste par nature. En effet, la maximisation des profits suppose l’économie des moyens. De même, jusqu’en 1989, les pays capitalistes se sont révélés plus efficaces que les pays communistes dans l’utilisation des ressources naturelles. Oui, le marché peut aussi se révéler habile pour recycler des sous-produits et c’est lui qui a permis une baisse substantielle de la consommation des véhicules aux Etats-Unis.
Même si Georges souligne heureusement à la fin de son papier que nous ne vivons pas dans un monde parfaitement respectueux de l’environnement, vouloir ne rechercher des solutions que par le marché est un peu naïf. Le marché seul ne parvient pas complètement à régler le problème de surexploitation des ressources, même par le mécanisme d’offre et de demande, comme peut le montrer notamment le cas du réchauffement climatique et des gaz à effet de serre.
Quand The Economist réhabilite l’Etat
Et je vais m’appuyer justement sur les analyses du très libéral hebdomadaire The Economist, qui adopte des positions très intéressantes en matière d’écologie. Contrairement à quelques écologistes un peu extrêmes, ils reconnaissent la contestation du réchauffement climatique par le CO² par exemple. Mais ils affirment néanmoins que la majorité des scientifiques soutiennent cette thèse et que si les scénarios extrêmes se réalisaient, alors ce serait un désastre pour l’humanité.
S’ils reconnaissent volontiers que dans vingt ans, il n’est pas impossible qu’on se rende compte que ces thèses sont fausses, ils affirment que ce sont les thèses les plus probables et qu’étant données les conséquences possibles du réchauffement climatique, il est urgent d’agir maintenant car il pourrait être trop tard dans vingt ans, point que je partage. Et là, pour le coup, les seuls mécanismes du marché sont totalement insuffisants pour régler le problème.
Marché du carbone ou taxe carbone ?
Aujourd’hui, le marché seul ne va pas produire une réduction de la production de CO², bien au contraire. L’Etat doit intervenir, comme il l’avait fait pour protéger l’ozone. Plusieurs solutions existent : les quotas, la taxe carbone ou un marché du carbone. A l’origine, The Economist était favorable à un système de quotas et de marché de droit carbone. Ce mécanisme permettait théoriquement d’utiliser le marché pour répartir au mieux les efforts de réduction d’émission de CO².
C’est ce système qui a été testé en Europe. Mais il a révélé beaucoup de carences : si la quantité de quotas n’est pas parfaitement ajustée, alors, les prix peuvent être trop bas pour pousser la consommation à la baisse. En outre, la trop grande variabilité des prix du carbone fait peser une incertitude pour les industriels sur la rentabilité des investissements qu’ils pourraient mener, ce qui constitue un frein très important pour investir dans la réduction des émissions…
C’est pourquoi The Economist est aujourd’hui partisan d’une taxe carbone qui serait progressivement augmentée dans le temps, en étant annoncée largement à l’avance, ce qui garantirait aux entreprises l’intérêt de leur investissement et pousserait à une conversion rapide de notre économie à une plus grande frugalité en matière d’émissions de CO². En outre, cette fiscalité écologique serait le moyen pour les Etats de réorganiser l’ensemble de leur fiscalité.
Non Georges, le marché tout seul n’est pas forcément écologiste. Quand l’écologie sert le profit, il l’est. Mais si le profit se fait au détriment de l’environnement, il n’en a rien à faire. C’est pourquoi l’Etat doit agir pour remettre le marché dans le droit chemin et l’utiliser pour préserver l’environnement.
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23.04.2011
ISF, bouclier fiscal : les injustices fiscales du gouvernement
C’est un boulet que Nicolas Sarkozy traîne depuis le début de son mandat, le fameux « paquet fiscal ». Devant l’hostilité des Français, il a fini par le détricoter au fur et à mesure. Mais le couplage avec une réforme de l’ISF pourrait se révéler être encore plus désastreux.
Une réforme qui favorise les plus riches
C’est le Canard Enchaîné qui a levé le lièvre en prenant le cas de Liliane Bettencourt. Selon Hervé Martin, la réforme de l’ISF devrait intervenir dès 2011, avant la fin du bouclier fiscal, qui devrait continuer à s’appliquer jusqu’en 2012. Du coup, la milliardaire devrait payer 10 millions d’impôts au lieu de 40 pour des revenus de 250, soit 4% de taux effectif d’imposition, le même qu’un contribuable touchant 1300 euros nets par mois, note cruellement le palmipède du mercredi !
En effet, la réforme du gouvernement, si elle simplifie l’ISF, abaisse également considérablement les taux d’imposition puisque le taux marginal passe de 1.8 à 0.5%. Le gouvernement annonce que cette réforme coûterait 900 millions d’euros, soit à peu près le montant du bouclier fiscal. En effet, l’ISF rapporte 4,5 milliards. Et sachant que la première tranche (de 790 000 à 1,3 million d’euros) est supprimée et que les taux sont considérablement baissés, un gros doute existe.
Les mauvais comptes du gouvernement
En effet, comment le rendement de l’ISF pourrait n’être baissé que de 20% sachant que 60% des contribuables vont être exonérés et que le taux marginal va être baissé de 70% ? En fait, il semble que le gouvernement maquille les chiffres en séparant le coût de la suppression de la première tranche et celui de l’abaissement du barème. En réalité, le coût global serait d’au moins 1,7 à 1,8 milliards, comme le rapporte Philippe Marini dans un article du Monde très éclairant.
Mais du coup, il s’agit d’une baisse de 40% de l’ISF, qui serait compensée par d’autres augmentations d’impôt, sur les successions ou les exilés fiscaux. Mais les calculs du gouvernement semblent surprenants. En effet, comment une baisse si drastique du taux marginal pourrait-elle ne réduire le rendement hors première tranche de seulement 3,6 à 2,7 milliards ? Là encore, on peut douter de ces calculs, même si, nouveauté, les taux s’appliqueront dès le premier euro.
Une injustice de plus
Cette réforme de l’ISF est totalement aberrante et il est difficilement compréhensible que le gouvernement la lance dans l’absolu, et plus encore à un an de l’élection présidentielle. Qui plus est, on peut voir dans cette initiative un moyen de réduire fortement ce qu’il rapporte afin de réclamer sa suppression plus tard. En effet, la forte progression de son rendement affaiblissait la position de ses détracteurs. Là, surtout s’il rapporte moins que prévu, il pourrait plus facilement être remis en question.
Et fondamentalement, ce n’est pas juste. Marianne 2 révèle qu’une étude d’Olivier Godechot, de l’EHESS montre que si le pouvoir d’achat moyen a progressé de 26% de 1980 à 2007, il a été multiplié par 3,4 pour les 0,01% les mieux rémunérés, qui gagnent 81 fois le salaire moyen (23 en 1980). Une autre étude pointe la part inconsidérée de la finance dans la progression des revenus du centile supérieur : 70% en Grande-Bretagne, et 50% en France, toujours selon Olivier Godechot.
Parce que les plus hauts revenus ont disproportionnellement profité de la croissance des trente dernières années et qu’ils ont déjà bénéficié de nombreuses baisses d’impôt, il est profondément injuste de baisser l’ISF. Ce n’est pas ce qui arrêtera Nicolas Sarkozy aujourd’hui. Mais plus sûrement en 2012…
10:55 Publié dans Actualités, Economie, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (41) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, paquet fiscal, isf, bouclier fiscal, liliane bettencourt, canard enchaîné, philippe marini, olivier godechot
22.04.2011
Carrefour dépecé par le capitalisme actionnarial
Début 2007, Bernard Arnault et Colony Capital prennent 14% du capital et 20% des droits de vote de Carrefour au prix moyen de 48 euros l’action. Mais, après une bonne année 2007, son cours s’effondre. Commencent alors des manœuvres incroyables pour récupérer leur mise…
L’histoire d’un dépeçage
Comme le raconte Philippe Douroux, l’histoire de Carrefour et Bernard Arnault a toujours été conflictuelle. Dès la prise de participation par le patron de LVMH et Colony Capital était évoquée une possible vente du parc immobilier de l’enseigne. Mais ce mauvais feuilleton ne cesse de connaître des rebondissements. En effet, les deux actionnaires ne parviennent pas à imposer tout de suite leur volonté au conseil d’administration et la crise financière complique la situation.
Le cours de l’action tombe à 23 euros avant de rebondir autour de 30, soit une perte latente de 800 millions d’euros. Même si cela peut être absorbé par la première fortune de France, un tel échec est difficilement acceptable. Philippe Douroux avance que les actionnaires ont alors proposé de mettre en vente des filiales du groupe pour réaliser une plus-value et redresser le cours de bourse. Mais le patron Lars Olofsson a refusé de vendre les joyaux du groupe.
C’est ainsi qu’un nouveau scénario est apparu où Carrefour serait découpé en trois et mettrait en vente sa filiale de hard-discount Dia et un pôle regroupant ses actifs immobiliers. L’idée est que le produit de la mise sur le marché de ces deux entités (dont Carrefour pourrait rester actionnaire) permette alors de verser un superdividende aux actionnaires, à même de compenser en partie la faiblesse du cours de bourse. Suite du feuilleton dans les prochaines semaines.
Les excès du capitalisme actionnarial
Un très bon article du Monde revient justement sur la dérive que représente cette « découpe » de Carrefour. Il souligne que l’entreprise a racheté pour 943 millions d’euros d’actions en 2010 pour soutenir son cours de bourse, conduisant à une augmentation de 75% de sa dette financière ! En outre, ce découpage devrait affaiblir le groupe, notamment en Espagne, où Dia possède des positions très fortes. Bref, il est évident que ces opérations ne servent que les intérêts de certains actionnaires.
Car l’intérêt long terme du groupe Carrefour n’est clairement pas de sortir du marché du hard-discount, qui progresse partout, ni forcément même de se séparer de ses murs, ce qui pourrait provoquer une augmentation de ses coûts immobiliers, point très pénalisant pour sa compétitivité à terme. En outre, les marchés ne semblent pas convaincus par cette stratégie puisque l’action ne tire pas le moindre profit de l’annonce de ce découpage en trois.
Plus encore, on peut s’interroger sur l’inutile distraction que cela représente pour la direction du groupe, qui devrait plutôt se concentrer sur la croissance plutôt que de chercher à maximiser les intérêts de minoritaires, au détriment de ses intérêts long terme. Tout ceci amène à se poser la question du cadre légal et fiscal qu’il faudrait mettre en place pour éviter de tels excès. Il faudrait peut-être imposer les rachats d’action ou certaines opérations de cessions ou rachat d’entreprises par exemple.
L’histoire de Carrefour est d’autant plus symptomatique du système économique actuel qu’alors que de richissimes actionnaires peuvent provoquer le dépeçage d’une entreprise à leur profit, les salariés manifestent pour obtenir une augmentation de salaires qui peine à suivre l’inflation….
10:55 Publié dans Actualités, Economie | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : carrefour, colony capital, bernard arnault, lvmh, le monde, philippe douroux
21.04.2011
Les aberrations de la libéralisation des services publics
Depuis quinze ans, la droite et les socialistes suivent l’Europe pour mettre en place la libéralisation des services publics. Mais alors qu’ils nous promettaient un meilleur service et des prix moins élevés, nous avons exactement l’inverse. Il n’y a que les profits qui progressent.
Les conséquences ubuesques de la libéralisation
Nous avons déjà fait l’expérience plus limitée de la libéralisation des renseignements téléphoniques. Et le résultat est très simple : une explosion spectaculaire des prix, une plus grande complexité pour le client et au final, les seuls gagnants sont les médias qui empochent les recettes de publicité et les actionnaires qui n’ont pas bu la tasse. Bref, la libéralisation des renseignements téléphoniques n’a clairement pas profité à l’intérêt général, largement dégradé depuis la fin du 12.
Mais l’avancée de la libéralisation a aujourd’hui des conséquences encore plus incroyables. On apprend ainsi que la SNCF poursuit RFF (Réseau Ferré de France) pour obtenir davantage de créneaux pour ses trains de marchandise auprès du régulateur du rail. Avant, la SNCF gérait seule le réseau et les trains. Aujourd’hui, pour satisfaire Bruxelles, l’entreprise a été coupée en deux (pour permettre de la concurrence), ce qui impose l’arbitrage d’un régulateur !
Le cas des tarifs d’EDF est tout aussi abracadabrantesque. Le Point ose ainsi écrire sans la moindre ironie que la loi Nome, destinée à « doper la concurrence », « pose les bases d’une forte hausse des tarifs de l’électricité ». Bref, la gestion législative semble encore plus complexe, l’Etat est contraint d’intervenir et les tarifs progressent fortement (alors qu’étant donné que 80% de notre électricité est d’origine nucléaire, nos tarifs devraient être relativement stables)…
Pour la dé-libéralisation des services publics
N’est-il pas temps aujourd’hui de faire un bilan de ces libéralisations qui n’ont apporté aucun des bénéfices escomptés ? Le service ne s’améliore pas, les prix ont tendance à monter, tout devient plus difficile pour le client qui doit essayer d’échapper aux chausse-trappes des différents fournisseurs et même l’Etat se voit contraint d’agir pour trancher les conflits entre les autorités de régulation et les différents acteurs de marchés complexifiés et bureaucratisés du fait de la libéralisation.
Fondamentalement, il faut comprendre que certains marchés sont des monopoles naturels. Quand les investissements sont si lourds que seuls deux ou trois acteurs peuvent être présents ou qu’il faut collectiviser la production et ne libéraliser que la commercialisation (qui ne représente qu’une fraction du coût), la libéralisation n’a aucun sens. De facto, elle produit un oligopole où les quelques acteurs présents n’ont aucun intérêt à mener une guerre des prix préjudiciable à tous.
Du coup, même sans le moindre comportement délictueux, les différents acteurs ne se battent pas sur le prix et profitent de facto d’une rente financière. La production d’énergie, le transport ferroviaire, la distribution du courrier, les autoroutes, ne sont clairement pas des activités où la libéralisation apporte quoique ce soit. Ces secteurs doivent rester dans le service public. Et on pourrait se poser la question pour la distribution de l’eau, voir même la téléphonie.
Les tenants de la libéralisation à tout crin se heurtent aujourd’hui à une réalité qui démontre que la privatisation des services publics est lourdement préjudiciable à l’intérêt général et ne profite qu’aux actionnaires qui profitent d’une situation d’oligopole. Il faut donc revenir en arrière.
10:55 Publié dans Actualités, Economie | Lien permanent | Commentaires (36) | Envoyer cette note | Tags : services publics, libéralisation, sncf, rff, edf, monopole naturel



