31.05.2011
L’euro, facteur de régression sociale
Bien sûr, beaucoup de Français pensent encore que si l’euro n’a pas forcément été une bonne chose, contrairement à ce qui nous a été promis, il reste préférable à un retour aux monnaies nationales. Voilà pourquoi il est impératif de mettre fin à cette hasardeuse expérimentation.
Avec l’euro, le chômage et le pouvoir d’achat sont les variables d’ajustement
« Avec l’euro fou (plus encore que fort), l’Europe réussit le tour de force d’utiliser sa propre puissance économique pour se torturer » : c’est ainsi qu’Emmanuel Todd parlait de la monnaie unique dans « Après la démocratie » en 2008. Encore une fois, ses propos auront été prophétiques. En effet, à l’époque, cette critique concernait principalement la surévaluation de la monnaie unique, qui a provoqué un grand mouvement de délocalisations dans nos pays.
Mais aujourd’hui, c’est un mécanisme plus complexe, plus sournois et plus durable qui se met en place. Cette monnaie unique utilisée par des pays trop différents nous a fait diverger au lieu de nous faire converger. Elle a accentué les déséquilibres, en permettant la hausse des déficits de l’Europe latine et les excédents de l’Allemagne et des Pays Bas. Auparavant, la solution aurait été simple : des réajustements de parité monétaire pouvaient rééquilibrer le tout.
Mais avec l’euro, l’ajustement se produit sur la demande intérieure : les pays en déficit sont contraints de réduire leurs salaires et les dépenses publiques pour équilibrer leurs comptes et réduire leurs importations. Il n’est plus possible de dévaluer sa monnaie pour gagner des parts de marché et exporter davantage du fait d’une amélioration de la compétitivité prix. Du coup, comme le dit The Economist, l’absence de possibilité de dévaluer fait des salaires la variable d’ajustement.
L’euro : une machine infernale
Bien sûr, une dévaluation n’a pas que des avantages. Mais toute la science économique montre que, bien maîtrisée, elle permet en général de redynamiser une économie. Au sein de la monnaie unique, ce n’est plus possible et le seul moyen d’améliorer sa balance commerciale est de comprimer les salaires (ce qui contient les importations et favorise les exportations), comme l’a bien compris l’Allemagne dès les années 1990 et qui a été le premier pays à mener une telle politique.
Mais tout ceci se heurte à une limite : ceci ne peut pas marcher si tous les pays font la même politique car cela reviendrait à casser la croissance. En outre, cela donne une prime au moins-disant salarial et social, entrainant une course sans fin à la régression sociale. Ceci démontre a posteriori toute l’intelligence de la charte de la Havane et de Keynes, pour lesquels l’équilibre des balances commerciales était important et les pays en excédent comme en déficit devaient être sanctionnés.
Le modèle de croissance par l’excédent commercial est dangereux car il introduit une concurrence sans fin où il y a des perdants et où le moins-disant part avec un avantage. Le maintien de monnaies nationales permettait de réduire cette pression puisque les pays qui laissaient progresser les salaires plus que leurs voisins pouvaient ensuite dévaluer pour regagner en compétitivité. Les monnaies nationales permettaient le progrès quand la monnaie unique entraine la régression.
Une solidarité financière n’y ferait rien car, outre le fait d’être politiquement impossible, financer les déficits revient à traiter les conséquences du problème et non ses causes. La seule solution pour casser le cercle vicieux de la régression sociale est de revenir aux monnaies nationales.
10:55 Publié dans Actualités, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : euro, emmanuel todd, après la démocratie, the economist, charte de la havane, keynes
30.05.2011
Le printemps des peuples européens, ou la belle à venir des « nonistes »
Bien sûr, les perdants de 2005 ont pris leur revanche avec le traité de Lisbonne, copie quasi conforme du traité rejeté par les peuples. Mais l’impasse dans laquelle ils nous ont mise, pourrait bien hâter la fin de cette Europe supranationale et néolibérale.
Le réveil des consciences commence
Bien sûr, aujourd’hui, les Grecs et les Espagnols n’ont pas encore vraiment compris le rôle de l’euro dans les malheurs qu’ils traversent. Ils ne veulent pas mordre la main qui les a nourris si longtemps, comme je l’avais annoncé dès février 2010. Mais les manifestations à répétition à Athènes et le récent mouvement madrilène montrent que les choses pourraient bien évoluer : les peuples en ont assez de l’austérité et de la régression sociale et le discours des officiels évolue.
Les pays de la périphérie de l’Europe sont un peu dans la même situation que l’Argentine de 1998 à 2001. Le lien entre le peso et le dollar était à l’origine populaire car il avait permis de casser l’hyper inflation qui minait le pays dans les années 1980. Du coup, le pays avait accepté plusieurs années d’austérité, de régression économique, de hausse du chômage et de la pauvreté comme le prix à payer pour sauver cette forme d’union monétaire qui n’est pas sans rappeler l’euro.
Mais à un moment, la souffrance économique et sociale a provoqué une révolte populaire et une instabilité politique qui a fini par déboucher par un abandon du lien entre peso et dollar, une dévaluation de plus de 70% et un défaut sur la dette. Après une première phase difficile, le pays a vivement rebondi, enregistrant une croissance de plus de 7% en 2003, 2004 et 2005, qui a continué depuis et qui a permis de retrouver croissance et emploi, et ainsi faire baisser la pauvreté.
Jusqu’à quel niveau de souffrances, de régression économique et sociale faudra-t-il descendre pour que la Grèce ou un autre pays décide d’abandonner la monnaie unique et de recourir aux mêmes ingrédients ? Le pillage programmé de la Grèce avec le plan massif de privatisations pourrait bien être le déclencheur d’une révolte populaire contre ce qui se rapproche d’une occupation économique, comme le soutient Jean-Luc Mélenchon dans son papier consacré au 29 mai.
Nous avons perdu la revanche, nous gagnerons la belle
Certains ont voulu utiliser l’économie à des fins politiques. Quelques fédéralistes expliquaient il y a vingt ans que la monnaie unique était un moyen d’imposer à des peuples européens réticents de se construire sur un modèle fédéral et que la facture serait présentée dans un second temps. C’est ce à quoi on assiste depuis un peu plus d’un an, avec le plan de soutien aux créanciers de la zone euro, le projet d’euro-obligations ou les propositions de mise sous tutelle des budgets.
Mais aujourd’hui, l’intégration européenne est synonyme de régression sociale. La crise a montré que ce sont les grands pays qui peuvent aujourd’hui véritablement décider et plus aucune nation ne semble véritablement motivée par plus d’intégration. Mieux, les pays qui se voient imposer des politiques sauvages d’austérité et qui sont littéralement mis sous la tutelle du FMI, de la BCE et de la Commission devraient changer de perspective sur la construction européenne.
Bref, tous les éléments sont aujourd’hui réunis pour une crise majeure de cette Union Européenne, et sans doute une déconstruction rapide, à l’occasion d’une sortie d’un pays de l’euro, qui entrainerait invariablement le détricotage rapide de cette monnaie unique qui ne peut pas marcher. Et en faisant table rase des traités antérieurs, il y a fort à parier que c’est une conception radicalement différente de l’Europe qui l’emporterait, celle d’une coopération d’Etat-nations.
Nous approchons du moment où cette construction artificielle et aberrante qu’est l’euro va s’effondrer. Les peuples européens vont bientôt se rebeller contre le suicide économique du continent. Nous pourrons alors repartir dans une bonne direction. Mais que de temps perdu et que de souffrance inutiles…
10:55 Publié dans Actualités, Europe | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note | Tags : traité de lisbonne, grèce, espagne, argentine, jean-luc mélenchon
29.05.2011
Europe : le cauchemar économique qui donne raison au « non » de 2005
Il y a six ans, nous dénoncions cette Europe anti-démocratique, technocratique et néolibérale, qui avait oublié que le progrès se doit d’être social en faisant de la « concurrence libre et non faussée » l’objectif monstrueux du TCE. Malheureusement, les faits montrent que nous avions raison.
Une impasse économique insoluble
En 2005, comme en 1992, on nous a dit que plus d’Europe, ce serait plus de croissance et plus d’emplois. Il n’y a plus que les banquiers centraux pour tenir encore un tel discours complètement déconnecté de la réalité de ce que vivent les peuples, à Athènes, Dublin, Lisbonne, Madrid, mais aussi à Berlin, où les salaires stagnent depuis quinze ans. Loin d’être progressiste, cette Europe organise une immense régression sociale sur toute la partie occidentale du continent.
En effet, les politiques européennes menées depuis 25 ans produisent d’immenses déséquilibres provoqués par la conjonction de la monnaie unique et de l’ouverture anarchique des économies européennes aux mouvements de biens et de capitaux. En outre, la situation actuelle n’est pas tenable, comme le rapporte très justement Patrick Artus dans une nouvelle note. Le chef économiste de Natixis démontre à son corps défendant que la zone euro est condamnée.
Il commence par faire une synthèse utile des immenses déséquilibres de la zone euro, où l’on voit que paradoxalement, alors que des monnaies nationales permettaient de faire converger les économies européennes, une monnaie unique les fait diverger. Ensuite, il souligne les écarts colossaux d’évolution des coûts salariaux entre les pays et les déséquilibres immenses des balances de paiement (jusqu’à 10% de déficit pour la Grèce et le Portugal).
Les deux issues qui n’en sont pas
Patrick Artus voit deux solutions. La première, qu’il balaie rapidement, est un fédéralisme budgétaire, mais devant l’ampleur des problèmes, il faudrait que l’Allemagne accepte de transférer plusieurs points de PIB tous les ans vers l’Europe du Sud. Cela est bien sûr totalement illusoire, après l’intégration de l’ancienne Allemagne de l’Est et avoir consenti à une stagnation des salaires pour assurer la compétitivité de l’industrie nationale en Europe. En outre, cela ne règlerait pas tout.
La seconde solution consiste à une baisse des salaires et de la demande intérieure pour équilibrer la balance des paiements courants. L’économiste chiffre l’effort à 3-4% du PIB pour la France, l’Espagne et l’Italie et 10% pour la Grèce et le Portugal. Mais la baisse de la demande devrait être nettement supérieure pour produire un tel ajustement, puisqu’elle comprime également la demande de produits intérieurs. On peut anticiper un effort environ deux à trois fois plus important.
Bref, en l’absence de possibilité de dévaluation, Patrick Artus nous promet une austérité inédite et sauvage. Et d’ailleurs la situation de la Grèce, du Portugal et de l’Espagne nous démontre aujourd’hui que cette construction économique est une impasse qui ne pousse qu’à une immense régression sociale, une envolée du chômage et un effondrement du pouvoir d’achat, tout ça pour ne pas remettre en cause cette monnaie unique, ce veau d’or du 21ème siècle.
Il y a quelque chose d’effrayant à voir cette Europe refuser même la moindre restructuration de la dette grecque, par la voix d’Herman Von Rompuy ou de Jean-Claude Juncker. Au nom de cette Europe, le peuple grec est simultanément saigné et pillé (avec une vague de privatisations des services publics qui va donner de belles rentes de situations à des entreprises étrangères) alors que les créanciers de la Grèce, et notamment les banques, sont totalement protégés.
Le prix à payer n’est-il pas totalement démentiel ? La colère populaire est totalement légitime et ne va pas se calmer de sitôt. Tôt au tard, les peuples du Sud de l’Europe finiront par se révolter démocratiquement pour sortir de cette impasse. On ne peut pas saigner un pays sans réaction.
10:55 Publié dans Actualités, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : tce, 2005, grèce, espagne, irlande, portugal, patrick artus, herman von rompuy, jean-claude juncker
28.05.2011
François Hollande, mi Royal 2006, mi Chirac 1994
Cette semaine, François Hollande était l’invité du Grand Journal et de nombreux plateaux. Celui qui est devenu le favori des sondages pour les primaires socialistes est l’attention de tous les médias. Mieux, l’opposition des hiérarques socialistes pourrait l’aider dans sa quête du pouvoir.
Favori malgré lui
Le parcours de François Hollande est une vraie surprise. Je n’étais pas le dernier à le traiter avec dédain avec son régime largement médiatisé. Mais l’élimination de Dominique Strauss-Kahn le met en position de favori. En effet, Martine Aubry, pour s’être trop effacé derrière l’ancien patron du FMI, n’a pas démontré la même envie que son prédécesseur rue de Solférino. Ségolène Royal semble démonétisée et les autres semblent compter pour du beurre pour l’instant.
Par une sacrée ironie de l’histoire, François Hollande se retrouver dans la même position que son ex compagne il y a cinq ans. En effet, il est en tête des sondages, mais suscite l’opposition de la majorité des hiérarques socialistes, qui multiplient les attaques contre lui, avec un mépris assez incroyable si on en croît les révélations publiées par la presse. Martine Aubry, Laurent Fabius, Arnaud Montebourg et les strauss-kahniens semblent le détester cordialement.
Mais François Hollande me fait penser à quelqu’un d’autre : le Jacques Chirac de la pré campagne présidentielle de 1995. En effet, on retrouve chez lui le corrézien sympathique qui n’attaque pas les concurrents. Alors que beaucoup de socialistes lui tirent dessus de manière bien peu élégante, François Hollande refuse de rentrer dans la polémique et dit qu’il estime tous ses camarades (même Martine Aubry) et qu’il aura besoin de tout le monde à l’avenir.
Peut-il aller jusqu’au bout ?
A priori, faire la course en tête est éprouvant, surtout en affrontant la majorité des éléphants et la première secrétaire. Mais, après tout, c’est ce qu’avait réussi Ségolène Royal en 2006, avec un grand succès puisqu’elle avait littéralement écrasé DSK et Fabius au premier tour de la primaire. En outre, la position de premier secrétaire n’avait pas aidé Henri Emmanuelli en 1994. Et même si Ségolène Royal soutient in fine Martine Aubry, cela pourrait paradoxalement l’aider.
En effet, cette opposition de hiérarques peu appréciés peut l’aider en lui donnant l’image d’un « outsider », lui, l’apparatchik socialiste. Ce serait le moyen pour les Français de faire la nique aux dirigeants du Parti Socialiste. Et il faut dire que certains auraient mieux fait de se taire en évoquant le besoin d’une candidature unitaire et en appelant François Hollande à se retirer devant Martine Aubry. A quoi serviraient des primaires si elles sont pipées par des arrangements ?
François Hollande a de vraies carences mais ses faiblesses (le côté trop sympathique, trop « normal ») pourraient être un gros avantage face à la présidence mercuriale, désordonnée et égotique de Nicolas Sarkozy. Face à la machine professionnelle, mais froide, cynique et malhonnête de l’Elysée que les Français ne croient plus, la France pourrait bien se donner à cet élu un peu provincial et sympathique qui a beaucoup enduré, le fils socialiste de Jacques Chirac.
Certes, le costume de président pourrait paraître un peu grand, mais c’est déjà largement le cas avec le Narcisse de l’Elysée. Le cap de la primaire socialiste ne sera pas une sinécure, mais l’alliance des éléphants contre lui pourrait finalement l’aider dans sa conquête du pouvoir.
10:55 Publié dans Actualités, Parti Socialiste, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (35) | Envoyer cette note | Tags : françois hollande, parti socialiste, dominique strauss-kahn, martine aubry, ségolène royal, arnaud montebourg, jacques chirac
27.05.2011
BCE : Mario Draghi sera-t-il pire que Jean-Claude Trichet ?
A priori, cela semblait totalement impossible. Le dogmatisme obtus de l’ancien président de la Banque de France et actuel de la BCE a envoyé des millions d’européens au chômage. Malheureusement, il semblerait que son successeur soit de la même veine…
Une situation intenable
Il devient chaque jour plus évident que la monnaie unique est condamnée. Il n’y a aucune issue à la situation actuelle. La politique qui consiste à associer austérité et aide financière, si elle permet de sauver les intérêts des banques, est une catastrophe pour les pays (Grèce, Irlande, Portugal). En effet, elle revient à entrainer une immense régression sociale (chômage, baisse du pouvoir d’achat, coupe dans les programmes sociaux), sans rien résoudre à moyen terme.
En effet, il faudrait attendre que la demande intérieure et les salaires baissent d’au moins 30% pour pouvoir réenclencher une certaine dynamique économique mais il n’est pas sûr qu’après une telle purge, les économies puissent se relancer. En outre, le poids de la dette aurait tellement augmenté qu’il faudrait les restructurer sévèrement. Bref, les plans actuels sont sans issue, ne règlent pas le problème de surendettement et inflige des politiques monstrueuses aux peuples.
La seule solution durable est une sortie de la monnaie unique accompagnée d’une dévaluation et d’une restructuration, comme l’Argentine en 2002. Et ce n’est pas sans une certaine satisfaction que j’ai constaté que la commissaire européenne grecque a osé envisager une telle issue. Certes, il s’agit peut-être d’une posture de négociation, mais cela montre au moins que le tabou est levé. Il est surprenant et dommage que cette bombe ne soit pas davantage médiatisée.
Le déni de réalité du futur président de la BCE
En lisant ces déclarations, on peut décerner à Mario Draghi, candidat à la succession de Jean-Claude Trichet le trophée « Hiérarque soviétique d’or » tant ses déclarations sont à contretemps du climat réel. Selon lui, « le succès de l’union monétaire a dépassé nos attentes les plus optimistes ». On n’ose pas imaginer ce qui se serait passé si les attentes les plus pessimistes avaient été réalisées ! Quand on songe aux promesses et aux balivernes de la campagne de 1992…
L’actuel gouverneur de la banque d’Italie, qui intervenait devant un parterre d’entrepreneurs allemands proches de la CDU a tenu un discours d’une orthodoxie stricte, appelant les pays à faire « des réformes structurelles », qui « ne peuvent pas être retardées avec une politique budgétaire et monétaire expansive ». Pour lui, « l’Allemagne a montré le chemin », ignorant que tout le monde ne peut pas simultanément réaliser un excédent de 4% de son PIB sur le reste de l’Europe…
Il a promis une politique dans la lignée de celle de Jean-Claude Trichet, soulignant que « fournir des liquidités toujours et partout (…) créerait une incitation au laxisme et saperait l’autorité de la banque centrale ». Bref, les allemands n’ont pas besoin d’avoir un des leurs à la tête de la BCE pour s’assurer que la délétère politique d’euro cher est maintenue. Rien de tel qu’un latin qui doit donner des gages : à côté, un germain donnerait l’impression d’être souple…
Le choix de Mario Draghi, ancien de Goldman Sachs (…) démontre une nouvelle fois toute la folie de cette BCE indépendante. Heureusement, c’est lui qui devrait présider à la disparition de son institution tant les politiques menées sont une impasse et vu la prise de conscience qui semble émerger.
10:55 Publié dans Blog, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : banque de france, bce, jean-claude trichet, mario draghi
26.05.2011
Le FMI, ou les incohérences de l’UMP et du PS
Non, il ne s’agit pas d’épiloguer sur les énièmes rebondissements de cette triste affaire DSK. Mais la démission de l’ancien futur candidat socialiste et la candidature de Christine Lagarde pose un double problème à notre classe politique.
Légèreté à droite
Bien sûr, Christine Lagarde semble être la candidate idéale pour prendre la succession de DSK à la tête du FMI. Elle a déjà travaillé aux Etats-Unis, semble appréciée par tout ce que la communauté internationale compte de hiérarques mondialistes néolibéraux. Et comme l’a remarquablement souligné Eric Zemmour dans une de ses chroniques sur RTL, nul doute qu’elle serait une digne représentante de ces Français qui oublient leur pays en prenant de telles responsabilités.
Mais cette candidature pose de multiples problèmes. Par-delà le fait qu’elle continuera à mener les mêmes politiques, comme l’a soutenu Jean-Pierre Chevènement, se pose le problème de l’affaire Bernard Tapie. Alors que la France vient de voir son représentant contraint de démissionner du fait d’une plainte pour viol, il est tout de même paradoxal de vouloir présenter une candidate qui pourrait avoir rapidement maille à partir avec la justice comme l’a souligné Hervé Nathan.
Il est totalement irresponsable, comme l’ont écrit Nicolas Dupont-Aignan et David Desgouilles de présenter une telle candidate. Il est bien évident que si une procédure judiciaire devait être lancée, les mœurs anglo-saxonnes imposeraient une démission à Christine Lagarde. Bonjour le ridicule pour la France si un deuxième représentant de notre pays venait à devoir démissionner. Il est vraiment hallucinant de proposer un nouveau candidat à risque…
Révélations à gauche
Mais cet épisode est très révélateur sur la « gauche ». Pierre Moscovici a ainsi eu le culot de dire que Dominique Strauss-Kahn avait apporté une dimension plus sociale aux politiques du FMI. Je ne suis pas sûr que les Grecs, les Irlandais ou les Portugais aient le même jugement sur la dimension « sociale » des potions amères imposées par Washington et Bruxelles à leur pays, entre licenciements, baisses de salaire et coupes dans les programmes sociaux.
Pire, les politiques imposées depuis un an révèlent aujourd’hui toute leur inefficacité puisque les 110 milliards décidés l’an dernier ne sont plus suffisants. Et naturellement, les plans enfoncent le pays dans la récession, compliquant plus encore le redressement des finances publiques : la Grèce a fait un déficit de 10.5% en 2010 contre une prévision de 8.1%. Tout le monde sait aujourd’hui qu’il faudra en passer par une restructuration. Bref, ces politiques sont inutilement violentes.
Mais le plus sidérant est de voir les principaux candidats socialistes (Martine Aubry et François Hollande) ne pas hésiter à soutenir Christine Lagarde. Il faudrait savoir, comme le soulignent Jack Dion et Hervé Nathan. Le Parti Socialiste est-il vraiment un parti d’opposition ? Il est tout de même surprenant qu’ils soutiennent une ministre du gouvernement auquel ils s’opposent pour une nomination à la tête d’une institution qui a pourtant un rôle politique éminemment important en Europe…
Plus encore que l’affaire DSK, les récents événements au FMI nous en disent très long, tant sur l’UMP que sur le Parti « Socialiste » : légèreté, relativisme sur les affaires, adhésion aveugle à une mondialisation néolibérale qui fait souffrir les peuples.
10:55 Publié dans Actualités, Economie, Parti Socialiste, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : fmi, christine lagarde, eric zemmour, jean-pierre chevènement, nicolas dupont-aignan, hervé nathan, david desgouilles, bernard tapie, pierre moscovici, jack dion
25.05.2011
Nicolas Sarkozy peut-il être réélu ?
L’élimination surprise de Dominique Strauss-Kahn de la course à la présidentielle pouvait sembler avantager la réélection de Nicolas Sarkozy, jusqu’à ce que de nouveaux sondages indiquent à nouveau des chiffres inquiétants pour lui. Peut-il vraiment être réélu ?
Une démonétisation profonde
Bien sûr, il ne s’agit que d’un sondage, onze mois avant l’élection, et après un événement totalement exceptionnel qui peut biaiser les résultats. Néanmoins, que l’ectoplasmique François Hollande soit donné gagnant avec 62% des voix au second tour est extrêmement inquiétant pour Nicolas Sarkozy. Il s’agit d’un adversaire, qui, s’il est assez sympathique et cherche à être « l’anti-bling-bling », manque singulièrement de profondeur et ne fait pas spécialement président.
En fait, les dernières semaines démontrent que le président de la République est profondément démonétisé. Après avoir beaucoup trop parlé, promis, fait puis défait, les Français ne croient plus Nicolas Sarkozy. Ils commencent à tout interpréter en sa défaveur, comme on a pu le voir sur la Lybie ou DSK. Quelque chose semble cassé, profondément. Définitivement ? Et ce ne sera pas le bilan de son quinquennat qui lui sera d’un quelconque secours début 2012…
L’espoir à l’Elysée
Cependant, beaucoup craignent les talents du candidat Nicolas Sarkozy. Après tout, il a été un très bon candidat de 2002 à 2007, sachant même faire un virage important et stratégique à un an de l’élection en intégrant Henri Guaino pour se recentrer politiquement. En outre, on peut toujours craindre que la campagne pour les primaires socialistes finisse mal et que l’affrontement des ambitions finisse par abîmer le candidat, surtout si c’est un François Hollande peu apprécié qui l’emporte.
Bien évidemment, on peut craindre le pire au PS : les camarades socialistes ne sont guère plus tendre avec l’ancien premier secrétaire qu’avec son ancienne compagne. En outre, Nicolas Sarkozy peut chercher à instrumentaliser certaines questions (immigration, insécurité) où les socialistes ne sont pas à l’aise. Et ce n’est pas François Hollande qui pourra réconcilier les classes populaires avec un parti de plus en plus tenté par les abandonner définitivement.
Le nouveau Giscard ?
Certes, il existe aujourd’hui de vraies raisons pour croire que Nicolas Sarkozy peut être réélu. Pourtant, en prenant du recul, je me dis que cela est très hautement improbable. Les sondages de cette semaine expriment pour moi un très puissant rejet du président en place. Il est tout de même incroyable que 62% des Français expriment leur préférence pour François Hollande ! Et la droitisation du président lui fait perdre à la fois des voix à sa droite et au centre.
Bref, en 2012, Nicolas Sarkozy sera un président avec un mauvais bilan (rien de très concret à vendre), qui aura trop parlé, trop promis, se sera trop agité, aura fait et défait dans un tourbillon sans queue ni tête. En outre, tout le monde pourra lui rappeler ses nombreux dérapages. Enfin, du fait de sa victoire dès sa première candidature en 2007, il semble avancer vers la campagne dans une bulle, sans se remettre en question, comme Valéry Giscard d’Estaing il y a trente ans.
Bien sûr, il est possible que je me trompe, mais aujourd’hui, comme il y a quinze jours, je pense que Nicolas Sarkozy devrait être largement battu en 2012. Il est totalement démonétisé et je crois que la campagne abîmera celui qui sera lui aussi devenu le nouveau candidat du passif.
09:55 Publié dans Actualités, Parti Socialiste, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, dominique strauss-kahn, présidentielles, sondages, françois hollande, henri guaino, valéry giscard d'estaing
24.05.2011
Républicains civiques progressistes vs identitaires ethniques
On peut donc distinguer deux grandes familles : les républicains civiques / progressistes d’une part (regroupant, entre autres DLR et MRC) et les ethniques / identitaires de l’autre (englobant MPF et FN notamment). Voilà une contribution à la façon dont on peut les distinguer.
Les « républicains civiques »
Pour moi, les « républicains civiques » sont attachés aux valeurs de la République (universalité, égalité, liberté, fraternité, laïcité). Ils sont attachés au droit du sol, et, s’ils peuvent reconnaître les racines chrétiennes de la France, accueillent volontiers les autres religions, du moment que celles-ci respectent les lois et l’esprit de notre République (d’où l’opposition à la burqa…).
Les « républicains civiques » reconnaissent qu’il y a un islam de France, refusent tout amalgame entre musulmans, reconnaissent l’apport important de l’immigration à notre pays et, s’ils ne sont pas angéliques sur l’immigration ou sont opposés au communautarisme, refusent de véhiculer les fantasmes des ethniques sur l’invasion dont serait victime la France et la menace sur son identité. Ils ont une vision intégratrice de la République par opposition à une vision assimilatrice.
Les « civiques » acceptent la diversité du moment qu’elle ne remet pas en cause nos principes républicains. Ils voient dans la diversité régionale de notre pays, mais aussi dans les apports de l’immigration, une richesse qui ne rentre pas forcément en conflit avec l’identité Française, mais la complète, l’enrichit. Ils acceptent les pratiques religieuses différentes, du moment qu’elles ne rentrent pas en conflit avec nos principes et ne remettent pas en cause l’unicité de notre pays.
Les « ethniques » identitaires
A l’inverse, les « ethniques », autre qualificatif des « identitaires », refusent d’accepter la diversité de notre pays apportée par l’immigration, surtout quand elle est extra-européenne et d’origine africaine. Ils souhaitent une assimilation, un abandon des cultures d’origine car ils craignent la substitution des Français de souche par des immigrés africains musulmans, qu’ils présentent souvent comme un tout homogène non désireux de s’intégrer à notre pays.
Pour les « ethniques », la France est blanche, chrétienne. Ils cèdent volontiers à l’islamophobie. Alors que les « civiques » ont plutôt une sympathie pour la Palestine et refusent de considérer l’Occident comme un bloc homogène, les « ethniques / identitaires » adhèrent volontiers aux thèses occidentalistes, ont une sympathie naturelle pour les Etats-Unis et Israël. Leur rejet de l’immigration est viscéral et radical. Ils en font volontiers la cause des maux de notre pays.
Une ligne de fracture différente
Les « ethniques » sont en général de droite ou d’extrême droite, et mettent l’identité du pays au cœur de leur préoccupation. Les premiers sont au FN, au MPF et de plus en plus à l’UMP, du fait du durcissement du discours de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement, qui a créé une porosité entre son parti et l’extrême droite. A l’opposé, les « républicains civiques » peuvent venir d’horizons différents et se retrouvent à droite comme à gauche, y compris au PS et à l’UMP.
On retrouve ensuite les mondialistes, que l’on pourrait découper en deux sous-famille, les communautaristes et les multiculturels. Les premiers, très minoritaires en France, n’osent pas toujours avancer à visage découvert, mais les seconds favorisent souvent leur agenda par un rejet profond de l’idée même de nation ainsi qu’un antiracisme tellement viscéral qu’il brouille parfois leur raison, comme l’a bien montré l’épisode des quotas de binationaux dans le football.
Du coup, en admettant que les civiques / progressistes ont une dimension culturelle (les valeurs de la République), je crois que l’analyse de Malakine n’est finalement pas éloignée de la mienne sur l’ordo-souverainisme et que nous sommes fermement tous les deux du côté des civiques.
11:31 Publié dans Actualités, Société | Lien permanent | Commentaires (34) | Envoyer cette note | Tags : malakine, horizons, républicains civiques, républicains ethniques, identitaires, immigration
23.05.2011
Républicains ethniques vs civiques : réponse à Malakine
Il y a quelques semaines, Malakine a entamé une série de papiers riches et très intéressants sur les républicains ethniques et civiques. N’étant pas d’accord avec un certain nombre de points et étant mis en cause à un certain moment, il m’était important d’y répondre.
Une réflexion importante
Je partage un certain nombre d’analyses de Malakine et j’attends avec impatience la conclusion de la série. Je partage sa critique du débat pitoyable sur l’identité nationale ou sa distinction très juste entre l’assimilation et l’intégration. En revanche, j’ai beaucoup de points de désaccords, sur lesquels je vais revenir. Mais ces papiers ont l’immense intérêt de pousser à la réflexion et de me faire préciser un certain de choses sur des questions importantes.
Beaucoup de lecteurs l’ont noté : l’emploi des termes « civiques » et « ethniques » est sujet à caution. Je suis donc aller chercher des définitions pour étudier la ligne de partage définie par Malakine. L’ethnie est ainsi définie comme un « groupement humain homogène par la cultur,e la langue, la religion ». Certains le présentent comme un synonyme de « race ». En grec ancien, il serait traduit par « peuple, nation ». Le « civisme », c’est le respect du citoyen pour la collectivité.
Une ligne de partage contestable
Pour lui, le facteur culturel est purement ethnique et non civique. Pourtant, il écrit aussi qu’« il est bien évident que le bon fonctionnement d’une communauté politique exige un terreau culturel ». Mais alors, comment le républicain civique pourrait exclure toute dimension culturelle à la communauté à laquelle il appartient ? Le lien civique, c’est justement la culture commune. La nation civique est forcément culturelle, ce ne peut pas être qu’une adhésion volontaire et révocable.
Je ne suis pas du tout d’accord non plus par la peinture d’une France « mosaïque très peu unifiée », alors que nous sommes un des pays les plus forts d’Europe (par rapport à tous nos voisins). Je ne crois pas non plus au refus hystérique de toute différence, la France étant justement une terre d’immigration depuis assez longtemps. Et a présence de cultures régionales démontre que notre identité n’exclut pas la diversité (du moment où celle-ci ne remet pas en cause l’unité).
La France, ce n’est pas du tout l’indifférenciation absolue, c’est justement le cumul d’une forte unité avec de vrais particularismes, mais qui ne remettent pas en cause cette unité, à la différence de l’Espagne. Je crois justement qu’il y a un régionalisme républicain, très Français, qui se distingue des régionalismes de nos voisins. Venant de Bayonne, je vois bien la différence entre les deux côtés des Pyrénées…
Une interprétation politique contestable
La ligne de partage politique ne me semble pas totalement pertinente non plus. J’ai du mal à voir Jean-Pierre Chevènement, classé comme un république civique, « indifférent au fait culturel » pour la communauté nationale. En outre, le parallèle avec Jean-Luc Mélenchon et Dominique de Villepin, de vrais mondialistes me semble assez contestable. En revanche, je me sens assez proche de cette vision de l’immigration et de la gestion des différences.
Le portrait des « nationaux-républicains » est effrayant : « haine des particularismes », « martyriser leurs compatriotes de la périphérie » « leur seul projet : la détestation des différences ». Je ne vois vraiment pas ce qui peut permettre de classer DLR dans une telle catégorie, comme je l’avais souligné dans mon papier sur les deux familles de l’ordo-souverainisme. Justement, le Général disait que « le patriotisme, c’est aimer son pays, le nationalisme, c’est détester celui des autres ».
Le gaullisme est bien évidemment un républicanisme civique (en y intégrant la notion de culture) alors que les MPF ou FN sont clairement du côté des ethniques / identitaires. Je ne vois vraiment pas ce qui, dans les discours de Nicolas Dupont-Aignan, ou même dans mes écrits pourrait nous faire basculer de l’autre côté. Ma critique du voile n’est absolument pas culturelle, mais seulement républicaine, et vient uniquement du fait qu’il contrevient à l’égalité et à la liberté des femmes.
Malgré tout, cette série est très intéressante dans la mesure où elle suscite la réflexion et je poursuivrai demain en tâchant de développer un peu plus longuement ma vision de la différence entre « civiques » et « ethniques / identitaires ».
10:55 Publié dans Actualités, Blog, Société | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note | Tags : horizons, malakine, républicains ethniques, républicains civiques, gaullisme
22.05.2011
La France, bonnet d’âne de la réforme de la finance
On allait voir ce que l’on allait voir. A l’automne 2008, Nicolas Sarkozy s’était fait le plus ardent défenseur d’une « moralisation du capitalisme ». Il n’avait pas de mots trop durs pour dénoncer les excès de la finance. Comme d’habitude, les actes sont loin d’avoir suivi les paroles.
Des volontés de réforme émergent
C’est bien tout le paradoxe de la situation actuelle que de constater qu’une réforme de la finance est bien en cours. Bien sûr, au global, elle ne sera pas trop méchante pour les banques, mais beaucoup de pays et d’instances avancent. Le premier est le comité Bâle 2, qui après avoir autorisé les banques à faire n’importe quoi, a décidé d’augmenter les normes prudentielles (la quantité de capital que les banques doivent détenir) pour rendre le système plus solide.
Globalement, malgré quelques protestations arguant d’un effet négatif sur la croissance, ces réformes restent suffisamment timides pour que de nombreux pays y ajoutent leurs propres règles, plus sévères que Bâle 3. Et surprise, la Suisse et la Grande-Bretagne devaient mettre en place des normes prudentielles nettement plus sévères, demandant jusqu’à 40% de capital de plus. Ceci démontre l’insuffisance du travail fait par les banquiers du comité Bâle 3.
Parallèlement, la Grande-Bretagne veut isoler la partie dépôt de la partie investissement dans les banques pour isoler la première de la seconde. L’Allemagne a décidé d’interdire certaines pratiques spéculatives, sans être suivie en Europe. Mais surtout, les pays émergents ont des règles beaucoup plus strictes. Certains (comme la Chine), refusent toujours la liberté de circulation des capitaux. L’Inde limite très fortement les produits dérivés de sinistre mémoire.
La France au point mort
C’est tout le paradoxe du dernier dossier de The Economist que de constater, comme je le dis depuis des mois, que la France n’a absolument pas contribué à la réflexion mondiale sur la réglementation financière suite à la grave crise que nous avons traversée. En effet, étant données les déclarations de Nicolas Sarkozy, et notre présidence actuelle du G20 et du G8, nous aurions du être le pays en pointe dans la réglementation financière qui se met en place.
Las, ce sujet ne semble pas intéresser notre gouvernement et notre ministre de l’économie (qui pourrait pourtant prendre la tête du FMI). Jamais Nicolas Sarkozy et son équipe n’ont avancé la moindre réflexion solide ou proposition concrète pour faire évoluer les choses. Les discours sont aussi vibrants et tranchants que les propositions vides. Le grand écart, ou plutôt, l’immense écart entre les paroles et les gestes du président se trouve une nouvelle fois illustré.
C’est bien pour cela que ce serait extrêmement dommage de laisser Christine Lagarde prendre la tête du FMI. Par delà les problèmes posés par l’affaire Bernard Tapie (soulevée par Hervé Nathan ou Nicolas Dupont-Aignan), notre ministre de l’économie s’est tout de même distinguée par une incapacité notoire à faire la moindre proposition pour tirer les leçons de la crise. Il est à craindre que ce « laissez-faire » soit finalement mis à son crédit pour une telle nomination.
L’an prochain, nous aurons à nous souvenir des discours vibrants faits par le président de la République pour dénoncer ce système économique injuste et instable. Et nous devrons aussi nous rappeler qu’il n’a strictement rien fait pour y remédier.
10:55 Publié dans Actualités, Dupont-Aignan, Economie, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : bâle 2, bâle 3, réforme de la finance, grande-bretagne, allemagne, suisse, nicolas sarkozy, g20, g8, nicolas dupont-aignan, hervé nathan, christine lagarde



